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L'ETOURDI.
D ' voir par quels motifs lu m'avais imposé,
Et que m'étant commis à ton zèle hypocrite,
A si bon compte encor je m’en sois trouvé quitte.Ceci doit s’appeler un avis au lecteur.
Adieu, Lélie, adieu, très humble serviteur.
SCÈNE V.
LÉLIE, MASCAR1LLE.
MASCARILLE.
Courage, mon garçon, tout heur nous accompagne ;Mettons llamberge au vent et bravoure en campagne ;Faisons l’ Olibrius, Vocciseur d’innocents (1).
LÉLIE.
Il t’avait accusé de discours médisantsContre...
MASCARILLE.
Et vous ne pouviez souffrir mon artifice,Lui laisser son erreur, qui vous rendait service,
Et par qui son amour s’en élait presque allé?
Non, il a l'esprit franc, et point dissimulé.
Enfin chez son rival je m'ancre avec adresse,
Cette fourbe en mes mains va mettre sa maîtresse,
Il me la fait manquer avec de faux rapports.
Je veux de son rival alentir les transports,
Mon brave incontinent vient qui le désabuse;
J’ai beau lui faire signe, et montrer que c'est ruse;Point d'affaire : il poursuit sa pointe jusqu'au bout,Et n'est point satisfait qu'il n’ait découvert tout.Grand et sublime effort d'une imaginativeQui ne le cède point à personne qui vive!
C’est une rare pièce, et digne, sur ma foi,
Qu'on en fas;e présent au cabinet d'un roi.
LÉLIE.
Je ne m'étonne pas si je romps tes attentes ;
(1) Suivant une vieille légende, Olibrius, gouverneur des Gaules, ne pouvanttoucher le cœur de sainte 'Reine, la fit mourir. Le martyre de cette 6ûinte futplus tard le sujet d’un grand nombre de mi/stb'es qui plaisaient beaucoup aupeuple. Olibrius y était représenté comme un fanfaron ; un glorieux, un occisevrd'innocents ; de là l'expression proverbiale : faire VOlibrius , pour faire le fauxbrave, persécuter ceux qui sont sans défense, etc. ( Voyez lff Dictionnaire desproverbes, par la M... )