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L’ÉTOURDI.
Je veux adroitement, sur un soupçon frivole ,Faire pour quelques jours emprisonner ce drôle.Je sais des ollïciers, de justice altérés,
Qui sont pour de tels coups de vrais délibérés ;Dessus l'avide espoir de quelque parafante (1),11 n'est rien que leur art aveuglément ne tente ;Et du plus innocent, toujours à leur profitLa bourse est criminelle, et paye son délit.
ACTE CINQUIÈME.
SCÈNE PREMIÈRE.
MASCARILLE, ERGASTE.
MASCAR1M.E.
Ah! chien! ah! double chieu! mâtine de cervelle!
Ta persécution sera-t-elle éternelle?
ERGASTE.
Par les soins vigilants de l'exempt Ralafré,
Ton affaire allait bien, le drôle était coffré,
Si ton maître au moment ne fût venu lui-même,
En vrai désespéré, rompre ton stratagème :
Je ne saurais souffrir, a-t-il dit hautement,
Qu’un honnête, homme soit traîné honteusement ;
J eu réponds sur sa mine, et je le cautionne :
Et, comme on résistait à lâcher sa personne,
D'abord il a chargé si bien sur les reeors,
Qui sont gens d'ordinaire à craindre pour leur corps,Qu’à l'heure que je parle ils sont encore en fuite,
Et pensent tous avoir un Lélie à leur suite.
MASCARU.LE.
Le traître ne sait pas que cet ÉgyptienEst déjà là-dedans pour lui ravir son bien.
ERG YSTE.
Adieu. Certaine affaire à te quitter m’oblige.
(1) Les Espagnols disent encore : Dar para guautes : c'est-à-dire, donnerpour les gants , dont noua avons fait le mot parayuante. (MÉNAGE.) — Ondonne ce nom au présent qu’on fait à une personne dont on a reçu quelquesbons offices.