Band 
Tome I.
Seite
66
JPEG-Download
 

66

L’ÉTOURDI.

Je veux adroitement, sur un soupçon frivole ,Faire pour quelques jours emprisonner ce drôle.Je sais des ollïciers, de justice altérés,

Qui sont pour de tels coups de vrais délibérés ;Dessus l'avide espoir de quelque parafante (1),11 n'est rien que leur art aveuglément ne tente ;Et du plus innocent, toujours à leur profitLa bourse est criminelle, et paye son délit.

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

MASCARILLE, ERGASTE.

MASCAR1M.E.

Ah! chien! ah! double chieu! mâtine de cervelle!

Ta persécution sera-t-elle éternelle?

ERGASTE.

Par les soins vigilants de l'exempt Ralafré,

Ton affaire allait bien, le drôle était coffré,

Si ton maître au moment ne fût venu lui-même,

En vrai désespéré, rompre ton stratagème :

Je ne saurais souffrir, a-t-il dit hautement,

Qu’un honnête, homme soit traîné honteusement ;

J eu réponds sur sa mine, et je le cautionne :

Et, comme on résistait à lâcher sa personne,

D'abord il a chargé si bien sur les reeors,

Qui sont gens d'ordinaire à craindre pour leur corps,Qu’à l'heure que je parle ils sont encore en fuite,

Et pensent tous avoir un Lélie à leur suite.

MASCARU.LE.

Le traître ne sait pas que cet ÉgyptienEst déjà là-dedans pour lui ravir son bien.

ERG YSTE.

Adieu. Certaine affaire à te quitter m’oblige.

(1) Les Espagnols disent encore : Dar para guautes : c'est-à-dire, donnerpour les gants , dont noua avons fait le mot parayuante. (MÉNAGE.) — Ondonne ce nom au présent qu’on fait à une personne dont on a reçu quelquesbons offices.