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LE DÉPIT AMOUREUX.
FROSINE.
Savez-vous ma pensée? Il faut que j'aille voirLa... Mais Éraste vient, qui pourrait nous distraire.Nous pourrons, en marchant, parler de cette affaire.Allons, retirons-nous.
SCÈNE II.
ÉRASTE, GROS-RENÉ.
ÉRASTE.
Encore rebuté?
GROS-RENÉ.
Jamais ambassadeur ne fut moins écouté.
A peine ai-je voulu lui porter la nouvelleDu moment d’entretien que vous souhaitiez d'elle,Quelle m’a répondu, tenant son quant-à-moi :
Va, va, je fais état de lui comme de toi ;
Dis-lui qu’il se promène; et, sur ce beau langage,Pour suivre son chemin, m’a tourné le visage;
El Marmotte aussi, d'un dédaigneux museau,
Lâchant un, Laisse-nous, beau valet de carreau!
M'a planté là comme elle; et mon sort et le votreN'ont rien à se pouvoir reprocher l’un à l'autre.
ÉRASTE.
L'ingrate ! recevoir avec tant de fiertéLe prompt retour d'un cœur justement emporté !
Quoi! le premier transport d'un amour qu'on abuseSous tant de vraisemblance est indigne d'excuse!
Et, ma plus vive ardeur, en ce moment fatal,
Devait être insensible au bonheur d'un rival ?
Tout autre n’eût pas fait même chose en ma place,Et se fût moins laissé surprendre à tant d'audace.
De mes justes soupçons suis-je sorti trop tard?
Je n’ai point attendu de serments de sa part ;
Et, lorsque tout le monde encor ne sait qu’en croire,Ce cœur impatient lui rend toute sa gloire,
Il cherche à s'excuser; et le sien voit si peuDans ce profond respect la grandeur de mon feu !
Loin d'assurer une àme, et lui fournir des armesContre ce qu'un rival lui veut donner d'alarmes,L'ingrate m'abandonne à mon jaloux transport,
Et rejette de moi message, écrit, abord!
Ah! sans doute un amour a peu de violence,