Band 
Tome I.
Seite
156
JPEG-Download
 

15G

LES PRÉCIEUSES RIDICULES.

SCÈNE IY.

GORGIBUS.

Ces pendardes-là, avec leur pommade, oui, je pense, enviede me ruiner. Je ne vois partout (pie blancs d'œufs, lait vir-ginal, et mille autres brimborions que je ne connais point.Elles ont usé, depuis que nous sommes ici, le lard d unedouzaine dé cochons, pour le moins; et quatre valets vi-vraient tous les jours des pieds de mouton quelles emploient.

SCÈNE V.

AIADELON, CATUOS, GORGIBUS.

GORGIBUS.

Il est bien nécessaire, vraiment, de faire tant de dépensepour vous graisser le museair! Dites-moi un peu ce que vousavez fait à ces messieurs, que je les vois sortir avec tant defroideur? Vous avais-je pas commandé de les recevoir commedes personnes que je voulais vous donner pour maris?

HADELON.

Et quelle estime, mon père, voulez-vous que nous fas-sions du procédé irrégulier de ces gens-là?

CVTIIOS.

Le moyen, mon oncle, qu'une tille un peu raisonnable sepiit accommoder de leur personne?

GORGIBUS.

Et qu'y trouvez-vous à redire?

n(DELON.

La belle galanterie que la leur ! Quoi ! débuter d’abord parle mariage?

GORGIBUS.

Et par où veux-lu donc qu’ils débutent? par le concubi-nage ? N'est-ce pas un procédé dont vous avez sujet de vouslouer tonies deux, aussi bien que moi ? Est-il rien de plusobligeant que cela ? Et ce lien sacré où ils aspirent n'est-il pasun témoignage de l’honnêteté de leurs intentions ?

«iadelon.

Ab! mon père, ce que vous dites là est du dernier bour-geois. Cela me fait honte de vous ouïr parler de la sorte, etvous devriez un peu vous faire apprendre le bel air des choses.

CORGIRUS.

Je n’ai que faire ni d’air ni de chanson. Je te dis que le