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Tome I.
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SCÈNE X.

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M rnEI.OX.

Eli! mon Dieu ! nous vous serons obligées de la dernièreobligation, si vous nous faites celte amitié; car enfin il fautavoir la connaissance de tous ces mcssieurs-là, si l'on veulêtre du beau monde. Ce sont eux qui donnent le branle à laréputation dans Paris'; et vous savez qu'il y en a tel dont ilne faut que la seule fréquentation pour vous donner bruit deconnaisseuse, quand il n'y aurait rien autre chose que cela.Mais, pour moi, ce que je considère particulièrement, c’estque, par le moyen de ces visites spirituelles, on est instruitede cent choses qu’il faut savoir de nécessité, et qui sont del’essence du bel esprit. On apprend par là chaque jour les pe-tites nouvelles galantes, les jolis commerces de prose et devers. On sait à point nommé : Un tel a composé la plus joliepièce du monde sur un tel sujet ; une telle a fait des parolessur un tel air : celui-ci a fait un madrigal sur une jouissance ;celui-là a composé des stances sur une infidélité : monsieurun tel écrivit hier au soir un sixain à mademoiselle une telle,dont elle lui a envoyé la réponse ce matin sur les huit heures;un tel auteur a fait un tel dessein ; celui-là en est à la troi-sième partie de son roman; cet autre met ses ouvrages sousla presse. C'est là ce qui vous fait valoir dans les compagnies,et si l'on ignore ces choses, je no donnerais pas un clou detout l csprit qu'on peut’avoir.

CATHOS.

En effet, je trouve que c’est renchérir sur le ridicule, qu’unepersonne se pique d’esprit, et ne sache pas jusqu'au moindrel>etit quatrain qui se fait chaque jour ; et pour moi, j'auraistoutes les hontes du monde, s’il fallait qu'où vint à me de-mander si j'aurais vu quelque chose de nouveau que je n’au-rais pas vu.

MASO,VRILLE.

11 est vrai qu'il est honteux de n’avoir pas des premierstout ce qui se fait ; mais ne vous mettez pas en peine : je veuxétablir chez vous une académie de beaux esprits, et je vouspromets qu'il ne se fera pas un bout de vers dans Paris, que"ms ne sachiez par cœur avant tous les autres. Pour moi, tel( 1 11 e vous me voyez, je m’en escrime un peu quand je veux;°1 vous verrez courir de ma façon dans les belles ruelles il ; de

d) On donnait le nom de ruelles aux assemblées 4e ce temps-là. L’alcdvo ser-Vftlt salon, et la société s’y réunissait antour du lit de bi précieuse, qui sjReliait j*our recevoir ses visites. La ruelle était parée avec beaucoup d’élé-ce et do goût, et les hommes qui on faisaient les honneurs prenaient le nom•zarre dVtfcdnsfes. (P.)