ACTE III, SCÈNE II. 241
Tu disais qu’un la chambre, étant un peu lassée,Tu t'allais renfermer, lorsque je t’ai laissée ;
Et tu m’avais prié même que mon retourT’y souffrit en repos jusques à demain jour.
ISABELLE.
Il est vrai; mais...
SGANARELLE.
Hé quoi ?
ISABELLE.
Vous me voyez confuse,
Et je ne sais comment vous en dire l’excuse.
SGANARELLE.
Quoi donc! que pourrait-ce être?
ISABELLE.
Un secret surprenant :
C'est ma sœur qui m’oblige à sortir maintenant,
Et qui, pour un dessein dont je l’ai fort blâmée,
M'a demandé ma chambre, où je l’ai renfermée.
Comment ?
SGANARELLE,
ISABELLE.
J.’eût-on pu croire ? Elle aime cet amantQue nous avons banni.
SGANARELLE.
Valère?
ISABELLE.,
Éperdument.
C’est un transport si grand, qu’il n’en est point de même :Et vous pouvez juger de sa puissance extrême,
Puisque seule, à celte heure, elle est venue iciMe découvrir à moi son amoureux souci,
Me dire absolument qu’elle perdra la vieSi son âme n’obtient l'effet de son envie ;
Que, depuis plus d’un an, d’assez vives ardeursDans un secret commerce entretenaient leurs cœurs;
Èt que même ils s’étaient, leur flamme étant nouvelle,Donné de s’épouser une foi mutuelle...
SGANARELLE,
Da vilaine !
ISABELLE.
Qu’ayant appris le désespoirDù j’ai précipité celui qu’elle aime à voir,
Elle vient me prier de souffrir que sa flammePuisse rompre un départ qui lui percerait l’âme ;Entretenir ce soir cet amant sous mon nom
T. I.
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