244 L’ÉCOLE DES MARIS.
Valère ; on vous prévient, et je suis Isabelle.
SGANARELLE.
Vous en avez menti, chienne : ce n'est pas elle.
De l'honneur que tu fuis elle suit trop les lois ;
Et tu prends faussement et son nom et sa voix.
ISABELLE, à Valère.
Mais à moins de vous voir, par un saint hyménée...
VALÈRE.
Oui, c'est l’unique but où tend ma destinée ;
Et je vous donne ici ma foi que dès demainJe vais où vous voudrez recevoir votre main.
SCAN IRELLE , à part.
Pauvre sot qui s'abuse !
VALÈRE.
Entrez en assurance.
De votre Argus dupé je brave la puissance;
Et devant qu'il vous pût ôter à mon ardeur,
Mon bras de mille coups lui percerait le cœur.
SCÈNE IY.
SGANARELLE.
Ah ! je te promets bien que je n’ai pas envieDe te l’ôter, l'infime à ses feux asservie,
Que du don de sa foi je ne suis point jaloux,
Et que, si j'en suis cru, tu seras son époux.
Oui, faisons-le surprendre avec cette effrontée :
La mémoire du père à bon droit respectée ,
Jointe au grand intérêt que je prends à la soeur,
Veut que du moins on tâche à lui rendre l'honneur.
Holà!
(il frappe à la porte ù'un commissaire.)
SCÈNE Y.
SGANARELLE, un commissaire, un notaire, un laquais,
avec un flambeau.
Qu’est-ce?
LE COMMISSAIRE.
SGANARELLE.
Salut, Monsieur le commissaire.Votre présence en robe est ici nécessaire;