ACTE I, SCÈNE I. 25S
11 craint de se flatter; et, dans ses divers soins,
Ce que plus il souhaite est ce qu'il croit le moins.
Mais songeons à trouver une beauté si rare.
LA MONTAGNE.
Monsieur, votre rabat ■ par-devant se sépare.
ÉRASTE.
N’importe.
LA MONTAGNE.
Laissez-moi l’ajuster, s’il vous plaît.
ÉRASTE.
Oufl tu m’étrangles, fat, laisse-Je comme il est.
LA MONTAGNE.
Soutirez qu’on peigne un peu...
ÉRASTE.
Sottise sans pareille !
Tu m’as d’un coup de dent presque emporté l’oreille (1).
LA MONTAGNE.
Vos canons...
ÉRASTE.
Laisse-les, tu prends trop de souci.
LA MONTAGNE.
Ils sont tout chiffonnés.
ÉRASTE.
Je veux qu’ils soient ainsi.
LA MONTAGNE.
Accordez-moi du moins, par grâce singulière.
De frotter ce chapeau, qu on voit plein de poussière.ÉRASTE.
Frotte donc, puisqu’il faut que j’en passe par là.
1.1 montagne.
Le voulez-vous porter fait comme le voilà?
ÉRASTE.
Mon Dieu, dépêche-toi!
LA MONTAGNE.
Ce serait conscience.
ÉRASTE, après avoir attendu.
C’est assez.
LA MONTAGNE.
Donnez-vous un peu de patience.
(I) Non seulement les valets portaient sur eux un peigne pour rajuster la per-ruque de leurs maîtres, mais les maîtres eux-mêmes en avaient toujours un enpoche, et s’en servaient fréquemment : cela était du bon air, (A.)