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Tome I.
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L’ÉCOLE DES FEMMES.

Et voire front, je crois, veut que du mariageLes cornes soient partout l’infaillible apanage.

CURYSALDE.

Ce sont coups du hasard, dont on n’est point garant;

Et bien sot, ce me semble, est le soin qu’on en prend :Mais quand je crains pour vous, c’est cette raillerieDont cent pauvres maris ont souffert la furie :

Car entin vous savez, qu’il n’est grands, ni petits,

Que de votre critique ou ait vus garantis :

Que vos [dus grands plaisirs sont, partout, où vous êtes,

De foire cent éclats des intrigues secrètes.,.

AHISOI.PIIE,

Fort bien. Est-il au monde une autre ville aussiOù l’on ait des maris si patients qu’ici?

Est-ce qu’on n'en voit pas de toutes les espèces,

Qui sont accommodés chez eux de toutes pièces ?

L’un amasse du bien, dont sa femme fait partA ceux qui prennent soin de le faire cornard ;

L'autre, un peu plus heureux, mais non pas moins infâme,Voit faire tous les jours des présents à sa femme,

Et d’aucun soin jaloux n’a l'esprit combattu ,

Parce qu'elle lui dit que c'est pour sa vertu.

Lun fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guère* ;L’autre en toute douceur laisse aller les affaires ;

Et, voyant arriver chez lui le damoiseau,

Prend fort honnêtement ses gants et son manteau.

L’une, de son galant, en adroite femelle,

Fait fausse confidence;! son époux fidèle,

Qui dort en sûreté sur un pareil appas,

Et le plaint, ce galant, des soins qu'il ne perd pas;L'autre, pour se purger de sa magnificence,

Dit qu elle gagne au jeu l'argent qu elle dépense;

Et le mari benêt, sans songer il quel jeu,

Sur les gains quelle fait rend des grAces à Dieu.

Enfin, ce sont partout des sujets (le satire;

Et, comme spectateur, ne puis-je pas en rire ?

Puis-je pas de nos sots...

cnRTSYLDE,

Oui; mais qui rit d'autruiDoit craindre qu’en revanche on rie aussi de lui.

J’entends parler le monde; et des gens se délassentA venir débiter les choses qui se passent;

Mais, quoi que l’on divulgue aux endroits où je suis,Jamais on ne m’a vu triompher de ces bruits.