293
ACTE I, SCÈNE I.
Que vous ue m'aurez rien persuadé du tout !
CHRTSALDE.
Je ne vous dis plus mot.
ARITOLPHE.
Chacun a sa méthode.
En femme, comme en tout, je veux suivre ma mode ■Je me vois riche assez pour pouvoir, que je croi,Choisir une moitié qui tienne tout de moi,
Et de qui la soumise et pleine dépendanceN'ait à me reprocher aucun bien ni naissance.
Un air doux et posé , parmi d’autres enfants,M’inspira de l’amour pour elle dès quatre ans;
Sa mère se trouvant de pauvreté pressée,
De la lui demander il me vint en pensée ;
Et la bonne paysanne, apprenant mon désir,
A s’ôter cette charge eut beaucoup de plaisir.
Dans un petit couvent, loin de toute pratique,
Je la lis élever selon ma politique ;
C’est-à-dire, ordonnant quels soins on emploieraitPour la rendre idiote autant qu’il se pourrait.
Dieu merci, le succès a suivi mon attente;
Et grande, je l’ai vue à tel point innocente,
Que j’ai béni le ciel d’avoir trouvé mon fait,
Pour me faire une femme au gré de mon souhait.
Je l’ai donc retirée ; et comme ma demeureA cent sortes de gens est ouverte à toute heure,
Je l’ai mise à l’écart, comme il faut fout prévoir,Dans cette autre maison où nul ne me vient voir;
Et, pour ne point gâter sa bonté naturelle,
Je n’y tiens que des gens tout aussi simples quelle,Vous me direz ; Pourquoi celle narration?
C’est pour vous rendre instruit de ma précautionLe résultat de tout est qu'en ami fidèle,
Ce soir je vous invite à souper avec elle;
Je veux que vous puissiez un peu l’examiner,
Et voir si de mon choix 0T1 me doit condamner.
■1 y consens.
CHRYSALDE.
ARNOLPIIE.
Vous pourrez , dans celte conférence,■Juger de sa personne et de son innocence.
CHRYSALDE,
Pour cet article-là, ce que vous m'avez ditNe peut...