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L’ÉCOLE DES FEMMES.
ARNOLPIIF, , à part.
Ah! suppôt de Satan ! exécrable damnée!
ACNÉS.
Moi, j'ai blessé quelqu’un ! lis-je tout étonnée.
« Oui, dit-elle, blessé, mais blessé tout de bon ;
« Et c’est l’homme qu'hier vous vîtes du balcon. »Hélas! qui pourrait, dis-je, en avoir été cause?
Sur lui, sans y penser, lis-je choir quelque chose?
« Non, dit-elle, vos yeux ont fait ce coup falal ;
« Et c’est de leurs regards qu’est venu tout son mal. »Eh! mon Dieu ! ma surprise est, fis-je, sans seconde;Mes yeux ont-ils du mal, pour eu donner au inonde ?h Oui, fit-elle, vos yeux, pour causer le trépas,
« Ma fille, ont un venin que vous ne savez pas« En un mot, il languit, le pauvre misérable ,
« Et s’il faut, poursuivit la vieille charitable,
« Que votre cruauté lui refuse un secours,
« C’est un homme à porter en terre dans deux jours, vMon Dieu ! j’en aurais, dis-je, une douleur bien grande,Mais pour le secourir qu’est-ce qu’il me demande ?
« Mon enfant, me dit-elle, il ne veut obtenirn Que le bien de vous voir et vous entretenir;
« Vos yeux peuvent eux seuls empêcher sa ruine,
« Et du mal qu’ils ont fait être la médecine. »
Hélas! volontiers, dis-je-, et, puisqu’il est ainsi,
11 peut, tant qu’il voudra, me venir voir ici.
ARNOUPUE, h part.
Ah ! sorcière maudite ! empoisonneuse d ûmes,
Puisse l'enfer payer tes charitables trames !
AGNÈS.
Voilà comme il me vit, et reçut guérison.
Vous-même, à votre avis, n’ai-je pas eu raison?
Et pouvais-je, après tout, avoir la conscienceDe le laisser mourir faute d’une assistance?
Moi qui compatis tant aux gens qu’on fait souffrir.
Et ne puis, sans pleurer, voir un poulet mourir !
ARNOLP11E, bas, iv part.
Tout cela n’est parti que d’une âme innocente;
Et j’en dois accuser mon absence imprudente,
Qui sans guide a laissé cette bonté de mœursExposée aux aguets des rusés séducteurs.
Je crains que le pendard, dans ses vœux téméraires,
Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires.