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Tome I.
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ACTE V, SCÈXE II.

HORACE.

C’est Horace.

Je m'en allais chez vous vous prier d'une grâce.

Vous sortez bien matin !

ARNOI.PI1E.

Quelle confusion !

Est-ce un enchantement? est-ce une illusion?

IIORACE.

Jetais, à dire vrai, dans une grande peine;

Et je bénis du ciel la bonté souveraine

Qui fait qu'à point nommé je vous rencontre ainsi

Je viens vous avertir que tout.a réussi,

Et même beaucoup plus que je n'eusse osé dire,

Et par un incident qui devait tout détruire.

Je ne sais point par où l'on a pu soupçonnerCelte assignation qu'on m’avait su donner:

Mais, étant sur le point d'atteindre à la fenêtre,

J'ai, contre mon espoir, vu quelques gens paraître,

Qui, sur moi brusquement levant chacun le bras,

M'ont fait manquer le p’el et tomber jusqu'en bas.

Et ma chute, aux dépens de quelque meurtrissure,

De vingt coups de bâton m a sauvé l’aventure.

Ces gens-là, dont était, je pense, mon jaloux,

Ont imputé ma chute à l'effort de leurs coups ;

Et comme la douleur, un assez long espace,

M’a fait sans remuer demeurer sur la place,

Ils ont cru tout de bon qu ils m’avaient assommé,

Et chacun d'eux s’en est aussitôt alarmé.

J entendais tout leur bruit dans le profond silence :

I.'un l'autre ils s'accusaient de celte violence :

Et, saiis lumière aucune, en querellant le sort,

Sont venus doucement tâter si j'étais mort.

Je vous laisse à penser si, dans la nuit obscure,

J'ai d'un vrai trépassé su tenir la figure.

Ils se sont retirés avec beaucoup d’effroi :

Et comme je songeais à me retirer, moi,

De cette feinte mort la jeune Agnès émueAvec empressement est devers moi venue :

Car les discours qu'entre eux ces gens avaient tenusJusques à son oreille étaient d'abord venus;

El, pendant tout ce trouble étant moins observée,.

I>u logis aisément elle, s’était sauvée;

Mais, me trouvant sans mal, elle a fait éclater1 n transport difficile à bien représenter.