SCÈNE I.
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URANIE.
C’est que les beaux esprits, cousine, aiment la solitude.
ÉLISE.
Ail! très humble servante au bel esprit; vous savez quece n'est pas là que je vise.
URANIE.
Pour moi, j'aime la compagnie, je l'avoue.
ÉLISE.
Je l'aime aussi, mais je l’aime choisie; et la quanfité dessottes visites qu’il vous faut essuyer parmi les autres, estcause bien souvent que je prends plaisir d'être seule.
URANIE.
La délicatesse est trop grande, de ne pouv oir souffrir quedes gens triés.
ÉLISE.
Et la complaisance est tropgénérale, de souffrir indifférem-ment toutes sortes de personnes.
URANIE.
Je goûte ceux qui sont raisonnables, et me divertis desextravagants.
ÉLISE.
Ma foi, les extravagants ne vont guère loin sans vous en-nuyer, et la plupart de ces gens-là ne sont plus plaisants dèsla seconde visite.- Mais, à propos d’extravagants, ne voulez-vous pas me défaire de votre marquis incommode? Pensez-vous me le laisser toujours sur les liras, et que je puisse du-rer à ses (urlupinades perpétuelles (1)?
URANIE.
Ce langage est à la mode, et l'on le tourne en plaisanterieà la cour.
ÉLISE.
Tant pis pour ceux qui le font, et qui se tuent tout le joura parler ce jargon obscur. La belle chose de faire entrer, auxconversations du Louvre, de vieilles équivoques ramasséesparmi les boues des halles et de la place Maubert! La jolie fa-
(II Tttrhtpinadcs, plaisanteries fondées snr nn jen de mots. Ménage fait dé-riv cr taWujntuule de ï'uWupin , nom d’un célèbre farceur de l’hôtel de Bour-gogne. Quoi qu’il eu soit, co nom était connu dans le quatorzième siècle ; on ledonnait alors & une secte d’hérétiques qui vivaient dans l’état le pins misérable,0(3 qui peut faire présumer que le nom de Turlupin tire son origine de lupins,chiche3 nourriture ordinaire des pauvres. Rabelais a employé ce mot,comme une sorte d'injure, dans le prologue de Gargantua, et Molière s’en estf* rT < iKiur désigner les marquis faiseurs do calembours, et qui étaient do la ca-ale des précieuses.