SCÈNE TL.
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peuple que nous nous ressemblons tous. Pour moi, je m'enveux justifier le plus qu’il me sera possible; et je les dau-berai lant en toutes rencontres, qu'à la fin ils se rendrontsages.
LE MARQUIS.
Dis-moi un peu, chevalier, crois-tu que Lysandre ait del'espril ?
DORANTE.
Oui, sans doute, et beaucoup.
URANIE.
C'est une chose qu’on ne peut pas nier.
LE MVRQCIS.
Demandez-lui ce qu’il lui semble de l’École des femmes ,vous verrez qu’il vous dira qu’elle ne lui plait pas.
DORANTE.
Eh 1 mon Dieu, il y en a beaucoup que le trop d’esprit gâte,qui voient mal les choses à force de lumière, et même quiseraient bien fâchés d'être de l'avis des autres, pour avoirla gloire de décider.
URANIE.
Il est vrai. Noire ami est de ces gens-là, sans doute. Ilveut être le premier de son opinion, et qu’on attende parrespect son jugement. Toute approbation qui marche avant lasienne est un attentat sur ses lumières, dont il se venge hau-tement en prenant le contraire parti. Il veut qu’on le con-sulte sur toutes les affaires d’espril ; et je suis sûre, que sil’auteur lui eût montré sa comédie avant que de la faire voirau public, il l’eût trouvée la plus belle du monde.
LE MARQUIS.
Et que direz-vous de la marquise Araminle, qui la publiepartout pour épouvantable., et dit qu’elle n’a jamais pu souf-frir les ordures dont elle est pleine?
* DORANTE.
Je dirai que cela est digne du caractère qu’elle a pris; elqu’il y a des personnes qui se rendent ridicules, pour vou-loir avoir trop d’honneur. Bien quelle ait de l'esprit, elle asuivi le mauvais exemple de celles qui, élanl sur le retour del’âge, veulent remplacer de quelque chose ce qu’elles voientqu’elles perdent, e( prétendent que les grimaces d’une prude-rie scrupuleuse leur tiendront lieu de jeunesse el de beauté.Celle
-cipousse l'affaire plus avant qu’aucune; et l’habileté<le son scrupule découvre des saletés où jamais personne n’enavait vu. On tient qu’il va, ce scrupule, jusques à défigurernotre langue, et qu’il n’y a point presque de mots dont