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Tome I.
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382 LA CKITIQUE DE L’ÉCOLE DES FEJDIE3.

LYSIDAS.

Enfin, Monsieur, toute votre raison c'est que l’École desfemmes a plu ; et vous ne vous souciez point qu’elle ne soitpas dans les règles, pourvu...

DORANTE.

Tout beau, monsieur Lysidas, je ne vous accorde pas cela.

Je dis bien que le grand art est de plaire, et que cette co-médie ayant plu à ceux, pour qui elle est faite, je trouve quec’est assez pour elle, et qu’elle doit peu se soucier du reste..Mais, avec cela, je soutiens qu’elle ne pèche contre aucunedes règles dont vous parlez. Je les ai lues, Dieu merci, au-tant qu’un autre; et je ferais voir aisément que peut-êtren’avons-nous point de pièce au théâtre plus régulière quecelle-là.

ÉLISE.

Courage, monsieur Lysidas ! nous sommes perdus si vousreculez.

LYSIDAS.

Quoi! Monsieur, la protase, l’épitase, et la péripétie... ;

DORANTE. !

Ah! monsieur Lysidas, vous nous assommez avec vosgrands mots. Ne paraissez point si savant, de grâce. Huma- !nisez votre discours, et parlez pour être entendu. Pensez-vous qu’un nom grec donne plus de poids à vos raisons? El jne trouveriez-vous pas qu’il fût aussi beau de dire l'expo-sition du sujet, que la protase ; le nœud, que l’épitase ; etle dénouement, que la péripétie?

LYSIDAS.

Ce sont termes de l’art, dont il est permis de se servir. jMais puisque ces mots blessent vos oreilles, je m’expliquerai ! :d’une autre façon, et je vous prie de répondre positive- !ment à trois ou quatre choses q'ue je vais dire. Peut-on souf-frir une pièce qui pèche contre le nohi propre des pièces dethéâtre? Car enfin le nom de poème dramatique vient d'unmot grec qui signifie agir, pour montrer que la nature de cepoème consiste dans l’action ; et dans cette comédie-ci il ne [se passe point d'action, et tout consiste en des récits que !vient faire ou Agnès ou Horace.

LE MARQUIS. !

Ah! ah! chevalier. i

CLIMF.NE.

Voilà qui est spirituellement remarqué, et c’est prendre lefin des choses.

LYSIDAS.

Est-il rien de si peu spirituel, ou, pour mieux dire, rien t