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Tome I.
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SCÈNE I.

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( A du Croisy. )

Vous faites le poète, vous, et vous devez vous remplirde ce personnage, marquer cet air pédant qui se conserveparmi le commerce du beau monde, ce ton de voix senten-cieux. et celte exactitude de prononciation qui appuie surtoutes les syllabes, et ne laisse échapper aucune lettre delàplus sévère orthographe.

( A Brécourt. )

Pour vous, vous faites un honnête homme de cour,comme vous avez déjà fait dans la Critique de l’École desfemmes, c’est-à-dire que vous devez prendre un air posé,un ton de voix naturel, et gesticuler le moins qu'il voussera possible.

( A la Grange. )

Pour vous, je n’ai rien à vous dire.

( A mademoiselle Béjart. )

Vous, vous représentez une de ces femmes qui, pourvuqu elles ne fassent point l’amour, croient que tout le resteleur est permis; de ces femmes qui se retranchent toujoursfièrement sur leur pruderie, regardent un chacun de haut enbas, et veulent que toutes les plus belles qualités que pos-sèdent les autres ne soient rien en comparaison d'un misé-rable honneur dont personne ne se soucie. Ayez toujours cecaractère devant les yeux, pour en bien faire les grimaces.

(A mademoiselle de Brie. )

Pour vous, vous faites une de ces femmes qui pensent êlreles plus vertueuses personnes du monde, pourvu qu ellessauvent les apparences ; de ces femmes qui croient que lepéché n’est que dans le scandale, qui veulent conduire dou-cement les affaires qu’elles ont sur le pied d’attachement hon-nête, et appellent amis ce que les autres nomment galants.Entrez bien dans ce caractère.

(a mademoiselle Molière.)

Vous, vous faites le même personnage que dans la Critique ,et je n’ai rien à vous dire, non plus qu’à mademoiselle duParc.

( A mademoiselle du Croisy. )

Pour Vous, vous représentez une de ces personnes qui prê-tent doucement des charités à tout le monde (1) ; de ces fem-mes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant,t‘l seraient bien fâchées d’avoir souffert qu’on eût dit du bien

Cl) Prêter des charités à quelqu’un, est une expression proverbiale qui n’estplus guère en usage, et qui signifia vouloir faire croire que quelqu’un, a fait ou

quelque chose qu’il n’a ni fuit ni dit. (A.)