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L’IMPROMPTTJ DE VERSAILLES.
LA GRANGE.
« Point du tout. C’est toi qu’il épargne ; et nous trouverons« d’autres juges.
MOLIÈRE.
« Soit. Mais, dis-moi, chevalier, crois-tu pas que ton Mo-« lière est épuisé maintenant, et qu’il ne trouvera plus de« matière pour...
BRÉCOURT.
« Plus de matière? Eh! mon pauvre marquis, nous lui en« fournirons toujours assez; et nous ne prenons guère le« chemin de nous rendre sages pour tout ce qu'il fait et tout« ce qu’il dit. »
MOLIÈRE.
Attendez; il faut marquer davantage tout cet endroit..Écoutez-le-moi dire un peu. « Et qu'il ne trouvera plus de« matière pour... — Plus de matière? Eh! mon pauvre mar-« quis, nous lui en fournirons toujours assez, et nous ne pre-« nous guère le chemin de nous rendre sages pour tout ce« qu’il fait et tout ce qu'il dit. Crois-tu qu'il ait épuisé dans« ses comédiesfout le ridicule des hommes?Et, sanssortirde '« la cour, n'a-t-il pas encore vingt caractères de gens où il« n a point louché? N’a-l-il pas, par exemple, ceux qui se« font les plus grandes amitiés du monde, et qui, le dos« tourné, font galanterie de se déchirer l'un l'autre ? .Va-t-il« pas cos adulateurs à outrance, ces flatteurs insipides, qui« n'assaisonnent d'aucun sel les louanges qu’ils donnent, et« dont toutes les flatteries ont une douceur fade qui fait mal« au cœur à ceux qui les écoulent ? N’a-t-il pas ces lâches« courtisans de la faveur, ces perfides adorateurs de la for-« tune, qui vous encensent dans la prospérité, et vous acca-« blent dans la disgrâce ? N’a-l-il pas ceux qui sont toujours« mécontents de la cour, ces suivants inutiles, ces incommo-« des assidus, ces gens, dis-je, qui, pour services, ne peuvent« compter que des importunités, et qui veulent qu’on les« récompense d’avoir obsédé le prince dix ans durant ? N'a-t-il« pas ceux qui caressent également tout le monde, qui pro-« mènent leurs civilités à droite et à gauche, et courent à« tous ceux qu’ils voient avec les mêmes embrassades et les« mêmes protestations d’amitié? — Monsieur, votre très« humble serviteur. .Monsieur, je suis tout à votre service.
« Tenez-moi des vôtres, moucher. Faites.élat de moi, Mon-« sieur, comme du plus chaud de vosamis. Monsieur, je suis« ravi de vous embrasser. Ah ! Monsieur, je ne vous voyais« pas! Faites-moi la grâce de m'employer. Soyez persuade