Band 
Tome I.
Seite
442
JPEG-Download
 

442

LE MARIAGE FORCÉ.

BOMMÈKE.

Moi? point (lu tout. Je vous considère toujours de même,'et ce mariage ne doit point vous inquiéter; c’est un hommeque je n'épouse point'par amour, et sa seule richesse me faitrésoudre à l'accepter. Je n’ai point de bien, vous n’en avezpoint aussi, et vous savez que sans cela on liasse mal le ,empsau inonde, et qu’à quelque prix que ce soit il faut tâcherd’en avoir. J’ai embrassé cette occasion-ci de me mettre àmon aise, et jel’ai fait sur l’espérance de me voir bientôt dé-livrée du barbon que je prends. C’est un homme qui mourraavant qu’il soit peu, et qui n’a tout au plus que six mois dansle ventre. Je vous le garantis défunt dans le temps que jedis ; et je n’aurai pas longuement à demander pour moi auciel l'heureux état de veuve, (a Sganarciie, qu’eliè aperçoit.)Ah ! nous parlions de vous, et nous eu disions tout le bienqu’on en saurait dire.

. LVCVSTE.

Est-ce là monsieur?...

nonuiÈME.

Oui, c’est monsieur qui me prend pour femme.

I.YCASTIÎ.

Agréez, Monsieur, que je vous félicite de votre mariage, etvous présente en même temps mes très humbles services : jev ous assure que vous épousez là une très honnête personne.Et vous, Mademoiselle, je me réjouis avec vous aussi del’heureux choix que vous avez fait : vous ne pouviez pasmieux trouver, et Monsieur a toute la mine d’être un fortbon mari. Oui, Monsieur, je veux faire amitié avec vous,et lier ensemble un petit commerce de visites et de divertis-sements.

DOR1MÈXE.

C’est trop d’honneur que vous nous faites à tous deux.Mais allons, le temps me presse, et nous aurons tout le loisirde nous entretenir ensemble.

SCÈNE XIII.

SGANARELLE.

Me voilà tout à fait dégoûté de mou mariage; et je croisque je ne ferai pas mal de m'aller dégager de ma parole. Ilm'en a coûté quelque argent ; mais il vautmieux'encore per-dre cela que de m’exposer à quelque chose de pis. Tâchonsadroitement de nous débarrasser de cette affaire. Holà!

(il frappe à la porte de la maison d’Aleautor.)