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Tome I.
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503
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ACTE IV, SCÈNE XI. 503

(il prend un morceau d’un des plats qu’on apporte, et le met danssa bouche.)

DON JUAN.

Il me semble que lu as la joue enflée : qu'est-ce que c'est ?Parle donc.. Qu’as-tu là?

SGANARELLE.

Rien.

DON JUAN.

Montre un peu. Parbleu ! c’est une fluxion qui lui est tom-bée sur la joue. Vite une lancette pour percer cela ! Le pauvregarçon n'en peut plus, et cet abcès le pourrait étouffer. At-tends ; voyez comme il était mûr ! Ah ! coquin que vous êtes !

SGANARELLE.

Ma foi, Monsieur, je voulais voir si votre cuisinier n’avaitpoint mis trop de sel ni trop de poivre.

DON JUAN.

Allons, mets-toi là, et mange. J'ai affaire de toi quandj’aurai soupé. Tu as faim, à ce que je vois.

SGANARELLE, se mettant à table.

Je le crois bien, Monsieur, je n’ai point mangé depuis cemalin. Tâtez de cela, voilà qui est le meilleur du monde.(ARagotin, qui, à mesure que Sganarelle met quelque chose surson assiette, la lui ôte dès que Sganarelle tourne la tête.)Mon assiette, mon assiette! Tout doux, s’il vous plaît.Vertubleu! petit compère, que vous êtes habile à donnerdes assiettes nettes ! Et vous, petit la Violette, que voussavez présenter à boire à propos!

(Pendant que la Violette donne à boire à Sganarelle, Ragotin ôteencore son assiette.)

DON JUAN.

Qui peut frapper de cette sorte?

sganarelle.

Qui diable nous vient troubler dans notre repas?

DON JUAN.

Je veux souper en repos, au moins; et qu’on ne laisseentrer personne.

SGANARELLE.

Laissez-moi faire, je m'y en vais moi-même.

DON JUAN, voyant venir Sganarelle effrayé.

Qu'est-ce donc? Qu’y a-t-il?

SGANARELLE, baissant la tête comme la statue.

Le... qui est là.

DON JUAN.

Allons voir, et montrons que rien ne me saurait ébranler.