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ACTE II, SCÈNE IV.
51. DESFONANDRÈS.
Mon cheval a fait tout cela aujourd’hui; et de plus j'ai étéà Kuel voir un malade.
M. T05IÈS.
Mais, à propos, quel parti prenez-vous dans la querelle desdeux médecins Théophraste et Artémius ? car c’est une affairequi partage tout notre corps.
M. DESFONANDRÈS.
Moi, je suis pour Artémius.
51. T05IÈS.
Et moi aussi. Ce n’est pas que son avis, comme on a vu,n’ait tué le malade, et que celui de Théophraste ne fût beau-coup meilleur assurément; mais enfin il a tort dans les cir-constances , et il ne devait pas être d’un autre avis que souancien. Qu’en dites-vous ?
51. DESFONANDRÈS.
Sans doute. Il faut toujours garder les formalités, quoi qu'ilpuisse arriver.
M. TOMES.
Pour moi, j’y suis sévère en diable, à moins que ce soitentre amis ; et l’on nous assembla, un jour, trois de nousautres, avec un médecin de dehors, pour une consultationoù j’arrêtai toute l’affaire, et ne voulus point endurer qu'onopinât, si les choses n'allaient dans l’ordre. Les gens de lamaison faisaient ce qu'ils pouvaient, et la maladie pressait;mais je n’en voulus point démordre, et la malade mourutbravement pendant cette contestation.
51. DESFONANDRÈS.
C’est fort bien fait d’apprendre aux gens à vivre, et de leurmontrer leur bec jaune (1).
M. T05IÈS.
Un homme mort n’est qu’un homme mort, et ne fait point«le conséquence; mais une formalité négligée porte un no-table préjudice à tout le corps des médecins.
SCÈNE IY.
SGANARELLE, MM. TOMÈS, DESFONANDRÈS,MACROTON, BAI1IS.
SGANARELLE.
Messieurs, l'oppression de ma fille augmente ; je vous prie«le me dire vite ce que vous avez résolu.
(I) Mot qui exprime la niaiserie et l’inexpérience, par allusion aux jeunesoiseaux qui naissent presque tous avec le bec jaune. (.Festin de Pierre, acte
scène v.)