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Tome I.
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ACTE III, SCÈNE II.

l'amour que les hommes ont pour les louanges, en leur don-nant tout le vain encens qu'ils souhaitent ; et c'est un art oùl’on fait, comme on voit, des fortunes considérables. Les al-chimistes tâchent à profiler de la passion que l'on a pour lesrichesses, en promettant des montagnes d'or à ceux qui lesécoutent; et les diseurs d’horoscopes, parleurs prédictionstrompeuses, profitent de la vanité et de l’ambition des cré-dules esprits. Mais le plus grand faible des hommes, c’estl’amour qu’ils ont pour la vie; et nous en profitons, nousautres, par notre pompeux galimatias, et savons prendre nosavantages de cette vénération que la peur de mourir leurdonne pour notre métier. Conservons-nous donc dans le de-gré d’estime où leur faiblesse nous a mis, et soyons de con-cert auprès des malades, pour nous attribuer les heureuxsuccès de la maladie, et rejeter sur la nature toutes les bé-vues de notre art. N’allons point, dis-je, détruire sottementles heureuses préventions d’une erreur qui donne du painà tant de personnes, [et, de l’argent de ceux que nous met-tons en terre, nous fait élever de tous côtés de beaux hé-ritages.]

M. TOMES.

Vous avez raison en tout ce que vous dites ; mais ce sontchaleurs de sang, dont parfois on n’est pas le maître.

M. FILEKIN.

Allons donc, Messieurs, mettez bas toute ranlune, et fai-sons ici votre accommodement.

M. DESFONANDRÈS.

J’y consens. Qu’il me passe mon émétique pour la maladedont il s’agit, et je lui passerai tout ce qu’il voudra pour lepremier malade dont il sera question.

M. FILERIN.

On ne peut pas mieux dire, et voilà se mettre à la raison.

M. DESFONANDRÈS.

Cela est fait.

M. FILEIUJi.

Touchez donclà. Adieu. Un autre fois, montrez plus deprudence.

SCÈNE II.

M. TOMÈS, M. DESEONANDRÈS, LISETTE.

LISETTE.

Quoi! Messieurs, vous voilà, et vous 11e songez pas à réparer le tort qu’on vient de faire à la médecine?

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