ACTE I,'‘SCÈNE I. 545
PIIILINTE.
Quoi ! vous iriez (lire à la vieille EmilieQu'à son âge il sied mal de faire la jolie,
El que le blanc qu’elle a scandalise chacun ?
ALCESTE.
Sans doute. .
PIIII.INTE.
A Dorilas, qu’il est trop importun ;Et qu'il n’est, à la cour, oreille qu'il ne lasseA conter sa bravoure et l'éclat de sa race?
ALCESTE.
Fort bien.
PIIILINTE.
Vous, vous moquez.
ALCESTE.
Je ne me moque point,
Et Jé vais n’épargner personne sur ce point.
Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la villeNe m’offrent rien quobjels à m’échauffer la bile;
J’entre en une humeur noire, en un chagrin profond,Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font.Je ne trouve partout que lâche flatterie,
Qu’injustite, intérêt-, trahison, fourberie; .
Je n’y puis plus tenir, j’enrage; et mon desseinEst de rompre en visière à tout le genre humain.
PIIILINTE.
Ce chagrin philosophe est un peu trop sauvage.
Je ris des noirs accès où je vous envisage.
Et crois voir en nous deux, sous mêmes soins nourris,Les deux frères que peint l'École des maris,
Dont...
ALCESTE.
Mon Dieu! laissons là vos comparaisons fades.
PIIILINTE.
Non : tout de bon, quittez toutes ces incartades.
Le monde par vos soins ne se changera pas :
Et, puisque la franchise a pour vous tant d'appas,
Je vous dirai tout franc que celte maladie,
Partout oii vous allez, donne la comédie ;
Et qu'un si grand courroux contre les mœurs du tempsVous tourne en ridicule auprès de bien des gens.
ALCESTE.
Tant mieux, morbleu ! tant mieux, c’est ce que je demande :Ce m’est un fort bon signe, et ma joie en est grande.
Tous les hommes me sont à tel point odieux,