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LE MISANTHROPE.
Oui, ,j«' vous tromperais de parler autrement,
Tôt ou lard nous romprons indubitablement;
Et je vous promettrais mille fois le contraire ,
Que je ne serais pas en pouvoir de fe faire.
CÉLIMÈNE..
C’est pour me quereller donc, à ce que je voi,
Que vous avez voulu me ramener cliez moi ?
ALCESTE.
Je ne querelle point. Mais votre humeur,"Madame,
Ouvre au premier venu trop d’accès dans votre Ame :
Vous avez trop damants qu’on voit vous obséder;
Et mon cœur de cela ne peut s'accommoder..
CÉLiMÈNE.
Des amants que je fais me rendez-vous coupable?
Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable?
Et lorsque pour me voir ils font de doux efforts,
Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors ?
ALCESTE.
Non, ce n'est pas, Madame, un bâton qu’il faut prendre’,Mais un eœnr à leurs vœux moins facile et moins tendre.Je sais que vos appas vous suivent en tous lieux-.
Mais,votre accueil retient ceux qu’attirent vos yeux;
Et sa douceur, offerte à qui vous rend les armes,
Achève sur les cœurs l'ouvrage de vos charmes.
Le trop riant espoir que vous leur présentezAttache autour de vous leurs assiduités;
Et votre complaisance , un peu moins étendue ,
De tant de soupirants chasserait la cohue.
Mais, au moins, dites-moi, Madame, par quel sortVotre Clilandre a l’Iieur de vous plaire si fort ?
Sur quel fonds de métier et de Vertu sublimeAppuyez-vous en lui l'honneur de.volre estime?
Est-ce par l’ongle long qu’il porte ah petit doigtQu'il s’est acquis chez vous l’estime où l’on le voit ? ,
Vous êtes-vous rendue, avec tout le beau monde.
Au mérite éclatant de sa perruque blonde?
Sont-ce ses grands canons qui vous le font aimer ?
L amas de ses rubans a-t-il su vous charmer ?
Est-ce par les appas de sa vaste rhingrave (1)
Qu’il a gagné votre àme en faisant votre esclave ?
tl) Sorte de hauts-dc-ohansses fort amplos, ainsi appelés du nom d'un sei-gneur allemand, gouverneur de Maastricht, qui en introduisit la mtxie. i.MKS.î