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Tome I.
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ACTE III, SCÈNE I. 571

Figure de savant sur les bancs du théâtre (1);

V décider en chef, et faire du fracasA tous les beaux endroits qui méritent des lias.

Je suis assez adroit ; j'ai bon air, bonne mine,

Les dents belles surtout, et la taille fort fine.

Quant à se mettre bien , je crois, sans me flatter,

Qu'on serait mal venu de me le disputer.

Je me vois dans l’estime autant qu'on y puisse être,

Fort aimé du beau sexe, et bien auprès du maître.

Je crois qu’avec cela, mou cher marquis, je crois,

Qu'on peut, par tout pays, être content de soi.

CLITANDRE.

Oui. Mais, trouvant ailleurs des conquêtes faciles,Pourquoi pousser ici des soupirs inutiles?

acasti:. '

Moi? Parbleu! je né suis de taille ni d’humeurA pouvoir d'une belle essuyer la froideur.

C’est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires,

A brûler constamment pour les beautés sévères,

A languir à leurs pieds et souffrir leurs rigueurs,

A chercher le secours des soupirs et des pleurs,

Et tâcher, par de; soins d'une très longue suite,

D'obtenir ce qu ’011 nie à leur peu de mérite.

Mais les gens de mon air, marquis, ne sont pas faitsPour aimer à crédit, et faire tons, les frais.

Quelque rare que soit le mérite des belles,

Je pense, Dieu merci, qn’on vaut son prix comme elles;Que, pour se faire honneur d’un cœur comme le mien,

Ce n’est pas la raison qu'il ne leur coûte rien ;

Et qu'au moins, à tout mettre en de justes balances,

11 faut qu'à frais communs se fassent les avances.

CLITANORE.

Tu penses donc, marquis, être fort bien ici ?

ACASTE.

J'ai quelque lieu, marquis, de le penser ainsi.

CLITANDRE.

Crois-moi; détache-toi de cette erreur extrême :

Tu te flattes, mon cher, et t’aveugles toi-même.

ACASTE.

Il est vrai, je me flatte et m'aveugle, en effet.

U) Les jeunes seigneurs se plaçaient autrefois sur le théâtre ; et ce voisinageloin de gêner Molière, le forçait aaua cloute à donner plus de vérité à ses pein-tures, Ainsi le public avait le plaisir de contempler en même temps et les ori-ginaux et les copies.