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Tome I.
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ACTE XY, SCÈNE II.

ALCESTE.

Monsieur, encore un coup, laisse/.-moi, s'il vous plaît,Et ne prenez souci que de votre intérêt.

É LIANTE.

Vous devez modérer vos transports; et l’outrage...

ALCESTE.

Madame, c’est à vous qu'appartient cet ouvrage;

C’est à vous que mon cœur a recours aujourd'huiPour pouvoir s'affranchir de son cuisant ennui.Vengoz-moi d'une ingrate et perfide parenteQui trahit lâchement une ardeur si constante ;Vengez-moi de ce trait qui doit vous faire horreur.

ÉLIANTE.

Moi, vous venger? Comment?

ALCESTE.

En recevant mon cœur.Acceptez-le, Madame, au lieu de l'infidèle :

C'est par là que je puis prendre vengeance d'elle;

Et je la veux punir par les sincères vœux,

Parle profond amour, les soins respectueux,

Les devoirs empressés et l'assidu service,

Dont ce cœur va vous faire uu ardent sacrifice.

ÉLIANTE.

Je compatis, sans doute, à ce que vous souffrez,

Et ne méprise point le cœur que vous m’offrez ;

Mais peut-être le mal n’est pas si grand qu'on pense,

Et vous pourrez quitter ce désir de vengeance.

Lorsque l’injure part d’un objet plein d’appas,

On fait force desseins qu’on n’exécute pas ;

On a beau voir, pour rompre, une raison puissante,Une coupable aimée est bientôt innocente :

Tout le mal qu’on lui veut se dissipe aisément ,

Et l’on sait ce que c’est qu’un courroux d’un amant.

ALCESTE.

Non, non, Madame, non. L’offense est trop mortelle;Il n’est point de retour, et je romps avec elle;

Rien ne saurait changer le dessein que j’en fais,

Et je me punirais de l’estimer jamais.

La voici. Mon courroux redouble à celte approche;

Je vais de sa noirceur lui faire un vif reproche,Pleinement la confondre, et vous porter aprèsUn cœur tout dégagé de ses trompeurs attraits.

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