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Tome I.
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ACTE Y, SCÈNE TIII.

ALCESTE.

Non. Mon cœur à présent vous déteste,

Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.

Puisque vous n'ètes point, en des liens si doux,

Pour trouver tout en moi, comme moi tout, en vous,Allez, je vous refuse; et ce sensible outrageDe vos indignes fers pour jamais me dégage.

SCÈNE VIII.

ÉLIANTE, ALCESTE, PHILÏNTE,

AI.CESTE , à Éliailtc.

Madame, cent vertus ornent votre beauté,

Et je n'ai vu qu’en vous de la sincérité;

De vous depuis longtemps je fais un cas extrême ;

Mais laissez-moi toujours vous estimer de même,

Et soutirez que mon cœur, dans ses troubles divers,Ne se présente point à l’honneur de vos fers ;

Je m’en sens trop indigne, et commence à connaîtreQue le ciel pour ce nœud ne m’avait point fait naître ;Que ce serait pour vous un hommage trop bas,

Que le rebut d’un cœur qui ne vous valait pas ;

Et qu’enfin...

ÉLIANTE.

Vous pouvez suivre celte pensée :

Ma main de se donner n’est pas embarrassée ;

Et voilà votre ami, sans trop m’inquiéter, *

Qui, si je l’en priais, la pourrait accepter.

PUILINTE.

Ah ! cet honneur, Madame, est toute mon envie ,

Et j’y sacrifierais et mon sang et ma vie.

ALCESTE.

Puissiez-vous goûter de vrais contentements,

L’un pour l’autre à jamais garder ces sentiments!Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,

Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices,

Et chercher sur la terre un endroit écartéOii d’être homme d’honneur on ait la liberté.

P1IILINTE.

Allons, Madame, allons employer toute chosePour rompre le dessein que son cœur se propose.

FIN DU MISANTHROPE.