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ACTE II, SCÈNE IL
DORINE.
Non, vous avez beau faire,
On ne vous croira point.
ORGON.
A la fin mon courroux...
DORINE.
Eli bien ! on vous croit donc ; et c’est tant pis pour vousQuoi! se peut-il, Monsieur, ([u'avec l’air d’homme sage,Et cette large barbe au milieu du visage,
Vous soyez assez fou pour vouloir...?
ORGON.
Écoutez :
Vous avez pris céans certaines privautés
Qui 11e me plaisent point ; je vous le dis, ma mie.
DOHINE.
Parlons sans nous fâcher, Monsieur, je vous supplie.Vous moquez-vous des gens d'avoir fait ce complot?Votre fille n’est point l'affaire d’un bigot :
11 a d'autres emplois auxquels il faut qu’il pense.
Et puisj <[ue vous apporte une telle alliance ?
A quel sujet aller, avec tout votre bien,
Choisir un gendre gueux?...
■ ORGON.
Taisez-vous. S’il 11’a rien,Sachez que c'est par là qu’il faut qu’on le révère.
Sa misère est sans doute une honnête misère;
Au-dessus des grandeurs elle doit l'élever,l’uisqu’enfin de son bien il s’est laissé priverPar son trop peu de soin (les choses temporelles,
Et sa puissante attache aux choses éternelles.
Mais mon secours pourra lui donner les moyensDe sortir d'embarras, et rentrer dans ses biens :
Ce sont fiefs qu'à bon titre au pays on renomme ;
Et, tel que l'on le voit, il est bien gentilhomme.
noniNR.
Oui, c’est lui qui le dit; et cotte vanité.
Monsieur, 11e sied pas bien avec la piété.
Qui d’une sainte vie embrasse l'innocence
Ne doit point tjint prôner son nom et sa naissance;
Et l’humble procédé de la dévotionSouffre mal les éclats de cette ambition.
A quoi bon cet orgueil ?... Mais ce discours vous blesse :Parlons de sa personne, et laissons sa noblesse.Ferez-vous possesseur, sans quelque peu d'ennui,