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Tome II.
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LE TARTUFE.

Me veut mortifier en cette occasion.

De quelque grand forfait qu’on me puisse reprendre.

Je n’ai garde d’avoir l’orgueil de m’en défendre.

Croyez ce qu'on vous dit, armez votre courroux,

El comme un criminel chassez-moi de chez vous ;

Je ue saurais avoir tant de honte en partage,

Que je n’en aie encor mérité davantage.

OUCON, ù son fils.

Ah! traître, oses-tu bien, par cette fausseté,

Vouloir de sa vertu ternir la pureté ?

D.VMIS.

Quoi ! la feinte douceur de cette âme hypocriteVous fera démentir...

ORCON.

Tais-toi, peste maudite !

TARTUFE.

Ah! laissez-le parler; vous l’accusez à tort,

Et vous ferez bien mieux de croire à son rapport.Pourquoi sur un tel fait m’être si favorable ?Savez-vous, après tout, de quoi je suis capable ?

Vous fiez-vous, mou frère, à mon extérieur?

Et, pour tout ce qu’on voit, me croyez-vous meilleur?Non, non : vous vous laissez tromper à l’apparence;

Et je ne suis rien moins, hélasl que ce qu’on pense.Tout le monde me prend pour un homme de bien;

Mais la vérité pure est que je ne vaux rien.

(S’adressant h namis.)

Oui, mon cher fils, parlez ; traitez-moi de perfide,D’infâme, de perdu , de voleur, d’homicide;Accablez-moi de noms encor plus détestés ;

Je n’y contredis point, je les ai mérités;

Et j’en veux à genoux souffrir l’ignominie,

Comme une honte duc aux crimes de ma vie.

ORCON.

.(A Tartufe.) (A son fils.)

Mon frère, c’en est trop. Ton cœur ne se rend point,Traître !

MlIIS.

Quoi! ses discours vous séduiront au point...

ORGON.

(Relevant Tartufe.)

Tais-toi, pendard ! Mon frère, hé ! levez-vous, de grâce 1

( A son fils.)

Infâme !