ACTE II, SCÈNE III. J19
SOSIE.
Non, tout do bon, tu m’en poux croire.
J étais dans un état où je puis avoir faitDos choses dont j'aurais regret,
Et dont je n’ai nulle mémoire.
ULÉ.VNTIIIS.
Tu ne le souviens point du tout de la manièreDont lu m’as su traiter, étant venu du port?
SOSIE.
Non plus ipie rien. Tu peux m’en faire le rapportJe suis ‘ et sincère,
Et me condamnerai moi-méme, si j'ai tort.
c.lé vntiiis.
Comment! Amphitryon m'ayant su disposer,
Jusqu’à ce que tu vins j'avais poussé ma veille.
Mais je ne vis jamais une froideur pareille :
De la femme il fallut moi-méme l’aviser;
Et lorsque je fus le baiser,
Tu détournas le nez et me donnas l'oreille.
SOSIE.
Bon !
CLÉVNTIIIS.
Comment! bon?
SOSIE.
Mon Dieu! lu ne sais pas pourquoi,Cléanthis, je tiens ce langage:
J’avais mangé de l’ail, et fis, en homme sage,
De détourner un peu mon haleine de toi.
CLÉVNTIIIS.
Je te sus exprimer des tendresses de cœur;
Mais à tous mes discours tu fus comme une souche;
Et jamais un mot de douceurNe te put sortir de la bouche.
sosie, à part.
Courage!
CLÉ VNTIIIS.
Enfin ma llammc cul beau s'émanciper,
Sa chaste ardeur eu toi ne trouva rien que glace;
El, dans un tel retour, je te vis la tromperJusqu'à faire refus de prendre au lit la placeQue les lois de l’hymen t’obligent d'occuper.
SOSIE.
Quoi ! je ne couchai point ?
CI.É,VNTIIIS.
Non, lâche.