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AMPHITRYON.
Du nos faits avec moi, sans beaucoup me connaître,Viennent se réjouir pour me faire enrager.
Dans l’embarras cruel du souci qui me blesse,
Du leurs embrassements et de leur allégresseSur mon inquiétude ils viennent tous charger.
En vain A passer je m'apprête,
Pour fuir leurs persécutions,
Leur tuante amitié de tous côtés m’arrête;
El, tandis qu’à l’ardeur de leurs expressionsJe réponds d'un geste de tête,
Je leur donne tout bas cent malédictions.
Ah ! qu’on est peu flatté de louange, d’honneur,
Et de tout ce «pie donne une grande victoire,
Lorsque dans l’àmc ou souffre une vive douleur,
Et que l’on donnerait volontiers cette gloirePour avoir le repos du cœur IMa jalousie, à tout propos,
Me promène surina disgrâce;
Et plus mou esprit y repasse,
Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos.
Le vol des diamants n’est pas ce qui m'étonne ;
Un lève les cachets, qu’on ne l'aperçoit pas;
Mais le don qu'on veut qu'hier j’en vins faire en personneEst ce qui fait ici mon cruel embarras.
La nature parfois produit des ressemblancesDont quelques imposteurs ont pris droit d'abuser;
Mais ii est hors de sens que, sous ces apparences,
Eu homme pour époux se puisse supposer ;
Et dans tous -ces rapports sont mille différencesDont se peut une femme aisément aviser.
Des charmes de la TliessalieOn vante de tout temps les merveilleux effets;
Mais les contes fameux qui partout eu sont faitsDans mon esprit toujours ont passé pour folie ;
Et ce serait du sort une étrange rigueur,
Qu’au sortir d'une ample victoireJe fusse contraint de les croireAux dépens de mon propre honneur.
J : veux la retâter sur ce fâcheux mystère,
Et voir si ce n'est point une vaine chimèreQui sur ses sens troublés ait su prendre crédit.
Ah! fasse le ciel équitableQue ce penser soit véritable,
Et que, pour mon bonheur, elle ait perdu l'esprit I