Band 
Tome II.
Seite
138
JPEG-Download
 

138

AMPHITRYON.

Lorsque par (leux. AmphitryonsToute notre chaleur demeure suspendue?

A vous faire éclater notre zélé, aujourd'hui,

Nous craignons de faillir et de, vous méconnaître.Nous voyons bien en vous Amphitryon paraître,

Du salut des Thébains le glorieux appui,

Mais nous le voyons tous aussi paraître en lui,

El ne saurions juger dans lequel il peut être.

Notre parli n'est point douteux,

Et l'imposteur par nous doit mordre la poussière-,Mais ce parfait rapport le cache entre vous deux ;Et c’est un coup trop hasardeuxI’our l'entreprendre sans lumière.

Avec douceur laissez.-nous voirDe quel côté peut être l'imposture;

Et, dès que nous aurons démêlé l’aventure,

Il ne nous faudra point dire notre devoir.

JUPITER.

Oui, vous avez raison, et cette ressemblanceA douter de tous deux vous peut autoriser.

Je ne m'offense point de vous voir en balance ;

Je suis plus raisonnable, et sais vous excuser.

L’œil ne peut entre nous faire de différence,

Et je vois qu’aisément on s’y peut abuser.

Vous ne me voyez point témoigner de colère,

Point mettre l'épée à la main :

C'est un mauvais moyen d’éclaircir ce mystère.

Et j’en puis trouver un plus doux et plus certain.

L’un de nous est Amphitryon ;

Et tous deux à vos yeux nous le pouvons paraître.C’est à moi de finir cette confusion ;

Et je prétends me faire à tous si bien connaître,Qu'aux pressantes clartés de ce que je puis êtreLui-même soit d’accord du sang qui m’a fait naître,Et li ait plus de rien'dire aucune occasion,

C’est aux yeux des Thébains que je veux avec vousDe la vérité pure ouvrir la connaissance;

Et la ciiose sans doute est assez d'importancePour affecter la circonstanceDe l'éclaircir aux yeux de tous.

Alcmène attend de moi ce public témoignage :

Sa vertu, que l’éclat de ce désordre outrage,

Vaut qu'on la justifie, et j’en vais prendre soin.

C’est à quoi mon amour envers elle m'engage ;