ACTE II, SCÈNE III. 17 fi
IIAIIPACON.
Comment ?
MAÎTRE SIMON , montrant Cirante.
Monsieur est la personne qui veut vous emprunter lesquinze mille livres ilont je vous ai parlé.
UARPACON.
Comment, penilard! c’est toi qui t'abandonnes à ces rnu-l'ables extrémités !
CRÉANTE.
Comment, mon père, c'est vous qui vous portez à ces hon-teuses actions !
{Maître Simon s’enfuit, et la Flèche va se cacher.)
SCÈNE III.
IIAIIPACON, CLÉANTE.
IIV11FAGON.
C'est toi qui te veux ruiner par des emprunts si condam-nables!
CRÉANTE.
C'est vous qui cherchez, à vous enrichir par des usures sicriminelles!
HARPAGON.
Oses-tu bien, après cela, paraître devant moi?
CRÉANTE.
Osez-vous bien, après cela, vous présenter aux yeux di>monde? <;>
HARPAGON.
N'as-tu point de honte, dis-moi, d’en venir A ces débauches-là, de te précipiter dans des dépenses effroyables, et de faireune honteuse dissipation du bien quêtes parents t’ont amasséavec tant de sueurs?
CRÉANTE.
Ne rougissez-vous point de déshonorer votre condition parles commerces que vous faites ; de sacrifier gloire et réputa-tion au désir insatiable d'entasser écu sur écu, et de renché-rir, en fait d'intérêt, sur lesplus infâmes subtilités qu'aientjamais inventées les plus célèbres usuriers?
HARPAGON.
Ote-toi de mes y eux, coquin! ôte-toi de mes yeux!
GRÉANTE.
Qui csl plus criminel, à votre avis, ou celui qui achète unargent dont il a besoin, ou bien celui qui vole un argent dont>1 n'a (pie faire ?