208
-L’AVARE..
SCÈNE IV.
HARPAGON, CLÉANTE, MAITRE JACQUES.
MAÎTRE JACQUES.
Hé! hé! hél Messieurs, qu’est-cc ci? à quoi songez-vous?
CLÉANTE.
Je tue moque de cela.
MAÎTRE JACQUES, H Cléante.
Ali! Monsieur, doucement.
HARPAGON.
Me parler avec cette impudence !
MAÎTRE JACQUES, iv Harpagon.
Ah! Monsieur, de grâce!
CLÉANTE.
Je n’en démordrai point.
MAÎTRE JACQUES, il Cléante.
Hé quoi ! à votre père ?
HARPAGON.
Laisse-moi faire.
MAÎTRE JACQUES, il Harpagon.
Hé quoi! à votre iils? Encore passe pour moi.
HARPAGON.
Je te veux faire loi-même, maître Jacques, juge de celteaffaire, pour montrer comme j'ai raison.
MAÎTRE JACQUES.
J'y consèns. (a Cléante.) Éloignez-vous un peu.
HARPAGON.
J'aime une fille que je veux épouser; et le pendard a l'in-solence de l’aimer avec moi, et d'y prétendre malgé mesordres.
MAÎTRE JACQUES.
Ah ! il a tort.
HARPAGON.
N'est-ce pas une chose épouvantable, qu’un fils qui veutentrer en concurrence avec son père? et ne doit-il pas, parrespect, s’abstenir de toucher à mes inclinations?
MAÎTRE JACQUES.
Vous avez raison. Laissez-moi lui parler, et demeurez là.
CLÉANTE, à maître Jacques, qui s’approche de lui.
Eh bien! oui, puisqu’il veut le.choisir pour juge, je n’yrecule point; il ne m’importe qui ce soit; et je veux bienaussi me rapporter à toi, maître Jacques, de notre diffé-rend.