Band 
Tome II.
Seite
214
JPEG-Download
 

214

L’AYARE.

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

HAItPAGON, UN COMMISSAIRE.

LE COMMISSAIRE.

Laissez-moi faire ; je sais mon métier, Dieu merci. Ce n’estpas d'aujourd'hui que je me mêle de découvrir des vols, et jevoudrais avoir autant de sacs de mille francs que j’ai fait pen-dre de personnes.

HARPAGON.

Tous les magistrats sont intéressés à prendre cette all’aireen main; et si l’oit ne me fait retrouver mon argent, je de-manderai justice de la justice.

LE COMMISSAIRE.

11 faut faire toutes les poursuites requises. Vous dites qu’ily avait dans cette cassette...

HARPAGON.

Dix mille écus bien comptés.

LE COMMISSAIRE.

Dix mille écus!

HARPAGON.

Dix mille écus.

I.F, COMMISSAIRE.

Le vol est considérable.

HARPAGON.

Il n’y a point de supplice assez grand pour l’énormité deoe crime; et s’il demeure impuni, les choses les plus sacréesne sont plus en sûreté.

LE COMMISSAIRE.

En quelles espèces était cette somme !

HARPAGON.

En bons louis d’or et pistoles bien trébuchantes.

LE COMMISSAIRE.

Qui soupçonnez-vous de ce vol ?

HARPACON.

Tout le monde, et je veux que vous arrêtiez prisonniersla ville et les faubourgs.

LE COMMISSAIRE.

Il faut, si vous m'eu croyez, n’effaroucher personne ettricher doucement d'attraper quelques preuves afin de pro-