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Tome II.
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L’AVARE.

emploi dès que je m’en trouvai capable; que j’ai su depuispeu que mon père n’était point mort, comme je l'avais tou-jours cru; que, passant ici pour l'aller chercher, une aven-ture, par le ciel concertée, me fit voir la charmante Élise;([lie celte vue me rendit esclave de ses beautés, et que la vio-lence de mon amour et les sévérités de son père me firentprendre la résolution de m’introduire dans son logis, et d'en-voyer un autre à la quête de mes parents.

ANSELME.

Mais quels’ témoignages encore, autres que vos paroles,nous peuvent assurer que ce ne soit point une fable que vousayez initie sur une vérité?

VAI.ÈRE.

Le capitaine espagnol ; un cachet de rubis qui était à monpère; un bracelet d'agate que ma mère m’avait mis au bras;le vieux Pedro, ce domestique qui se sauva avec moi dunaufrage.

M ARIANE.

Hélas! à vos paroles je [mis ici répondre, moi, que vousn'imposez point ; et tout ce que vous dites me fait connaîtreclairement que vous êtes mon frère.

VALÈBE.

Vous, ma sœur?

MARIANE.

Oui. Mon coeur s’est ému dès le moment que vous avezouvert la bouche; cl notre mère, que vous allez ravir, m’amille fois entretenue des disgrâces de notre famille. Le cielne nous fit point aussi périr dans ce triste naufrage; mais ilne nous sauva la vie que par la perte de notre liberté, et cefurent des corsaires qui nous recueillirent, ma mère et moi,sur un débris de notre vaisseau. Après dix ans d’esclavage,une heureuse fortune nous rendit notre liberté; et nous re-tournâmes dans Naples, où nous trouvâmes tout notre bienvendu, sans y pouvoir trouver des nouvelles de notre père.Nous passâmes à Gênes, où ma mère alla ramasser quelquesmalheureux restes (l'une succession qu’on avait déchirée; etde là, fuyant la barbare injustice de ses parents, elle vint en ceslieux, où elle n’a presque vécu que (l’une vie languissante.

ANSELME.

O ciel ! quels sont les traits de ta puissance ! et que tu faisbien voir qu'il n’appartient qu’à toi de faire des miracles!Embrassez-moi, mes enfants, et mêlez tous deux vos trans-ports à ceux de votre père.