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ACTE III, SCÈNE IX.
JULIE.
Hé bien! oui. J'ai conçu de l'amour pour lui, et je l'aiyoulu suivre, puisque mon père me l'avait choisi pour«poux. Quoi q, l0 vous me disiez, c’est uu fort honnêtenomme; et tous les crimes dont on l'accuse sont fausselésépouvantables.
ORONTE.
Taisez-vous; vousêtesune impertinente, et Je sais mieuxlue vous ce qui en est.
JULIE.
. Ce sont sans doute des pièces qu’on lui fait, et (MontrantEmstc.) c’est peut-être lui qui a trouvé cet artifice pour vous«n dégoûter.
ÉIUSTE.
Moi! je serais capable de cela?
JULIE.
Oui, vous.
ORONTE.
Taisez-vous, vous dis-je; vous êtes une sotte.
ÉRASTE.
Non, non; ne vous imaginez pas que j’aie aucune envie dedétourner ce mariage, et que ce soit ma passion qui m’aitforcé à courir après vous. Je vous l ai déjà dit, ce n’est que}a seule considération que j’ai pour monsieur votre père ; etI e n’ai pu souffrir qu'un honnête homme comme lui fût exposéà la honte de tous les bruits qui pourraient suivre une ac-tion comme la vôtre.
ORONTE.
Je vous suis, seigneur K ras le, infiniment obligé.
ÉRASTE.
Adieu, Monsieur. J'avais toutes les ardeurs du monded’entrer dans votre alliance; j’ai fait tout ce que j'ai pu pourobtenir un tel honneur : mais j'ai été malheureux, et vousne m’avez pas jugé digne de cette grâce. Cela n’cmpêchefaPas que je ne conserve pour vous les sentiments d’estime etde vénération où votre personne m'oblige ; et, si je n'ai puêtre votre gendre, au moins serai-je éternellement votre ser-viteur.
ORONTE.
Arrêtez, seigneur Eraste; votre procédé me touche l’âmeel je vous donne ma fille en mariage.
JULIE.
Je ne veux point d'autre mari que monsieur de Pourceau-gnac.
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