350
LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
LE MAÎTRE D’ARMES.
Et c'est en quoi l’on voit de quelle considération, nous au-tres, nous devons être dans un État ; et combien la sciencedes armes l'emporte hautement sur toutes les autres sciencesinutiles, comme la danse, la musique, la...
LE MAÎTRE A DANSER.
Tout beau, monsieur le tireur d'armes! ne parlez de ladanse qu'avec respect.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Apprenez, je vous prie, à mieux traiter l'excellence de lamusique.
LE MAÎTRE d’ARMES.
Vous éles de plaisantes gens, de vouloir comparer vossciences à la mienne!
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Voyez un peu l'homme d’importance!
LE MAÎTRE A DANSER.
Voilà un plaisant animal, avec son plastron !
LE MAÎTRE D’ARMES.
Mon petit maître à danser, je vous ferais danser comme ilfaut. Et vous, mon petit musicien, je vous ferais chanter dela belle manière.
LE MAITRE A DANSER.
Monsieur le batteur de fer, je vous apprendrai votre mé-tier.
MONSIEUR JOURDAIN, au maître à danser.
Êtes-vous fou de l'aller quereller, lui qui entend la tierceet la quarte, et qui sait tuer un homme par raison démons-trative?
LE MAÎTRE A DANSER.
Je me moque de sa raison démonstrative, cl de sa tierce,et de sa quarte.
MONSIEUR JOURDAIN, au maître à danser.
Tout doux, vous dis-je !
LE MAÎTRE DARMES, au maître h dauser.
Comment! petit impertinent!
MONSIEUR JOURDAIN.
Hé! mon maître d'armes!
LE MAÎTRE A DANSER, au maître d’armes.
Comment! grand cheval de carrosse!
MONSIEUR JOURDAIN.
Hé ! mon maître à danser 1
LE MAÎTRE d'.ARMES.
Si je me jette sur vous...