3C7
ACTE III, SCÈNE III.
MONSIEUR JOURDAIN.
Je songerai à marier ma fille quand il se présentera unparti pour elle ; mais je veux songer aussi à apprendre lesbelles choses.
NICOLE.
l’ai encore ouï dire, Madame, qu'il a pris aujourd'hui,Pour renfort de potage, un maître de philosophie.
MONSIEUR JOURDAIN.
Fort bien. Je veux avoir de l’esprit, cl savoir raisonner desehoses parmi les honnêtes gens.
MADAME JOURDAIN.
N'irez-vous point, l’un de ces jours, au collège vous fairedonner le fouet, à votre âge ?
MONSIEUR JOURDAIN.
Pourquoi non ? Plrtt à Dieu l’avoir tout à l’heure, le fouet,devant | ont le monde, et savoir ce qu’on apprend au collège !
NICOLE.
Oui, ma foi! cela vous rendrait la jambe bien mieux faite.
MONSIEUR JOURDAIN.
Sans doute.
MADAME JOURDAIN.
Tout cela est fort nécessaire [jour conduire votremaison!
MONSIEUR JOURDAIN.
Assurément. Vous parlez toutes deux comme des bêtes, etJ ai honte de votre ignorance, (a martamejom-dnin.) Par exem-ple, savez-vous, vous, ce que c’est que vous dites à cetteheure ?
MADAME JOURDAIN.
Oui. Je sais que ce que je dis est fort bien dit, et que vousdevriez songer à vivre d’autre sorte.
MONSIEUR JOURDAIN.
Je ne parle pas de cela. Je vous demande ce que c’est queles paroles que vous dites ici.
MADAME JOURDAIN.
Ce sont îles paroles bien sensées, et votre conduite ne l'est,guère.
MONSIEUR JOURDAIN.
Je ne parle pas de cela, vous dis-je. Je vous demande, celue je parle avec vous; ce que je vous dis à celte heure,'lu’est-ce que c’est?
MADAME JOURDAIN.
Des chansons.
MONSIEUR JOURDAIN.
Eli! non, ce n’est pascela. Ce que nous disons tous deux,le langage que nous parlons à cette heure.