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LES FEMMES SAVANTES.
AIU1ANDE.
Ali ! mon Dieu ! fi !
HENRIETTE.
Comme» I ?
AHHANI1E.
Ah ! fi ! vous dis-je.
Ne concevez-vous point ce que, dès qu’on l'entend,
Un tel mot A l'esprit offre de dégoûtant,
De quelle étrange image on est par lui blessée,
Sur quelle sale vue il traîne la pensée?
N’en frissonnez-vous point? et pouvez-vous, ma sœur,
Aux suites de ce mol résoudre votre cœur?
HENRIETTE.
Les suites de ce mot, quand je les envisage,
Me font voir un mari, des enfants, un ménage;
Et je ne vois rien là, si j’en puis raisonner,
Qui blesse la pensée, et fasse frissonner.
A11MANDE.
De tels attachements, û ciel! sont pour vous plaire?IIENI1IETTE.
Et qu’est-ce qu’à mon âge on a de mieux à faireQue d’attacher à soi, par le titre d’époux,
Un homme qui vous aime, et soit aimé de vous;
El, de cette union de tendresse suivie,
Se faire les douceurs d'une innocente vie?
Ce nœud bien assorti n’a-t-il pas des appas?
AiniANIIE.
Mon Dieu! que votre esprit est d’un étage lias!
Que vous jouez au monde un petit personnage,
De vous claquemurer aux choses du ménage,
Et de n’entrevoir point de plaisirs plus touchantsQu'une idole d’époux et de marmots d’enfants!
Laissez aux gens grossiers, aux personnes vulgaires,
Les bas amusements de ces sortes d'affaires.
A de plus hauts objets élevez vos désirs.
Songez à prendre un goût des plus nobles plaisirs,
Et, traitant de mépris les sens et la matière,
A l'esprit, comme nous, donnez-vous font entière.
Vous avez notre mère en exemple à vos yeux,
Que du nom de savante on honore en tous lieux :
Tâchez, ainsi que moi, de vous montrer sa fille ;
Aspirez aux clartés qui sont dans la famille,
Et vous rendez sensible aux charmantes douceursQue l’amour de l’étude épanche dans les cœurs.