ACTE II, SCÈNE IJC.
537
CURYSALE.
Monsieur Trissolin.
ahistb.
Quoi! ce monsieur Trissolin...?ciirysai.e.
Oui, qui parle toujours de vers et de latin.
AUISTE.
Vous l'avez accepté?
CURYSALE.
Moi, point : à Dieu ne plaise!AUISTE.
Qu avez-vous répondu?
CURYSALE.
Itien ; et je suis bien aiseDe n’avoir point parlé, pour ne m'engager pas.
ARISTE.
La raison est fort belle, et c’est faire un grand pas.Avez-vous su du moins lui proposer Clilandre?
CURYSALE.
Non ; car, comme j’ai vu qu’on parlait d’autre gendre,J'ai cru qu’il était mieux de ne m’avancer point.
ARISTE.
Certes, votre prudence est rare au dernier point.N’avez-vous point de honte, avec votre mollesse?
Et se peut-il qu’un homme ait assez de. faiblessePour laisser à sa femme un pouvoir absolu,
Et n’oser attaquer ce qu’elle a résolu?
CURYSALE.
Mon Dieu! vous en parlez, mon frère, bien à l’aise,
Et vous ne. savez pas comme le bruit me pèse.
J'aime fort le repos, la paix, et la douceur,
Et ma femme est terrible avecque son humeur;
Du nom de philosophe elle fait grand mystère,
Mais elle n’en est pas pour cela moins colère ;
Et sa morale, faite à mépriser le bien,
Sur l'aigreur de sa bile opère comme rien.
Pour peu que l’on s’oppose à ce que veut sa tète,
On en a pour huit jours d’effroyable tempête.
Elle me fait trembler dès qu’elle prend son ton;
Je ne sais où me mettre, et c’est un vrai dragon ;
Et cependant, avec toute sa diablerie,
H faut que je l’appelle et mon cœur et m’amie.
ARISTIi.
Allez, c’est se moquer. Votre femme, entre nous,
Est, par vos lâchetés, souveraine sur vous.