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Tome II.
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587
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ACTE I, SCENE IV,

o87

TOINETTE.

Quoi?

ANGÉLIQUE.

Regarde-moi un peu.

TOINETTE.

Eli bien! je vous regarde.

ANGÉLIQUE.

Toinctte !

TOINETTE.

Eh bien! quoi, Toinctte?

ANGÉLIQUE.

Ne devines-tu pas de quoi je veux parler?

TOINETTE.

•le m'en doute assez ; de notre jeune amant ; car c’est surlui depuis six jours que roulent tous nos entretiens ; et vousn'êtes point bien, si vous n’en parlez à toute heure.

ANGÉLIQUE.

Puisque tu connais cela, que n’es-tu donc la première àm’en entretenir ? Et que ne m’épargnes-tu la peine de te jetersur ce discours ?

TOINETTE.

Vous ne m’en donnez pas le temps; et vous avez des soinslà-dessus qu’il est difficile de prévenir.

ANGÉLIQUE.

Je t’avoue que je ne saurais me lasser de te parler de lui,et que mon cœur profite avec chaleur de tous les momentsde s’ouvrir à loi. Mais, dis-moi, condamnes-tu, Toinctte, lessentiments que j'ai pour lui.

TOINETTE.

Je n’ai garde.

ANGÉLIQUE.

Ai-je tort de m’abandonner à ces douces impressions ?

TOINETTE.

Je ne dis pas cela.

ANGÉLIQUE.

Et voudrais-tu que je fusse insensible aux tendres protes-tations de celte passion ardente qu’iï témoigne pour moi?

TOINETTE.

A Dieu ne plaise !

ANGÉLIQUE.

Dis-moi un peu : ne trouves-tu pas, comme moi, quelquechose du ciel, quelque effet du destin, dans l’aventure ino-pinée de notre connaissance?

TOINETTE.

Oui.