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LE MALADE IMAGINAIRE.
SCÈNE XY.
AUGAN, BÉRALDE.
BERALDE.
Voilà un médecin, vraiment, qui parait fort habile.
ARCAN.
Oui ; mais il va un peu bien vite.
BÉRALDE.
Tous les grands médecins sont comme cela.
ARCAN.
Me couper un bras, et me crever un œil, afin que l'autrese porte mieux! J'aime bien mieux qu'il ne se porte pas sibien. La belle opération, de me rendre borgne et manchot 1
SCÈNE XVI.
ARGAN, RÉRALDE, TOINETTE.
TOINETTE, feignant de parler à Quelqu'un.
Allons, allons, je suis votre servante. Je n’ai pas envie derire.
ARCAN;
Qu’est-ce que c’est?
TOINETTE,
Voire médecin, ma foi, qui me voulait lâler le pouls
ARC IN.
Voyez un peu, à l’âge de qualrc-vingl-dix ans!
Aéralde.
Oh çà ! mon frère, puisque voilà votre monsieur Purgonbrouillé avec vous, ne voulez-vous pas bien que je vousparle du parti qui s’offre pour ma nièce?
ARCAN.
Non, mon frère : je veux la mollre dans un couvent,puisqu’elle s’est opposée à mes volontés. Je vois bien qu’il ya quelque amourette là-dessous, et j’ai découvert certaineentrevue secrète, qu'on ne sait pas que j'aie découverte (I).
BÉRALDE.
Eh bien ! mon frère, quand il y aurait quelque petite in-clination, cela serait-il si criminel? El rien peut-il vous offen-ser, quand tout ne va qu'à des choses honnêtes, comme lemariage?
(1) 11 faudrait, que fai découverte.