662
LE MALADE IMAGINAIRE.
SCÈNE XIX.
BERALDE, sortant ilo l'endroit où il était caché; ARGAN,ÏOINETTE.
BKIlAl.ni!.
Eh bien! mon frère, vous le voyez.
TOINKTTE.
Par ma foi, je n’aurais jamais cru cela. Mais j'entends votrefille. Remettez-vous comme vous étiez, et voyons de quellemanière elle recevra votre mort. C’est une chose qu’il n'estpas mauvais d'éprouver; et, puisqug^vous êtes en Irain,vous connaîtrez par là les sentiments que votre famille apour vous.
(Béralde va se cacher.)
SCÈNE XX.
, AKGAN, ANGÉLIQUE, TOINKTTE.
TOINETTE, feignant de ne pas voir Angélique.
O ciel! ah ! fâcheuse aventure ! Malheureuse journée !
ANGÉLIQUE.
Qu'as-tu. Toinette, et de quoi pleures-tu?
TOINETTE.
Hélas! j'ai de tristes nouvelles à vous donner.
ANGÉLIQUE.
Hé! quoi?
TOINETTE.
Votre père est mort
ANGÉLIQUE.
Mon père est mort, Toinette?
TOINETTE.
Oui. Vous le voyez là; il vient de mourir tout à l'heured une faiblesse qui lui a pris.
ANGÉLIQUE.
O ciel ! quelle infortune ! quelle atteinte cruelle ! Hélas !faut-il que je perde mon père, la seule chose qui me restaitau monde; et qu'encorc, pour un surcroît de désespoir, jele perde dans un moment où il était irrité contre moi ! Quedeviendrai-je, malheureuse? et quelle consolation trouveraprès une si grande perte ?