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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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MÉDÉE, ACTE

Avec Médée et moi les tire du tombeau : I

Eux seuls m’ont l'ait résoudre et la paix s'est conclue. Jpoi.i.ux.

Bien que de tous côtés l'affaire résolueAe laisse aucune place aux conseils d’un ami,

■le ne puis toutefois l'approuver qu’à demi.

Sur quoi que vous fondiez un traitement si rude,

C'est, montrer pour Médée un peu d'ingratitude;

Ce qu’elle a fait pour vous est mal récompensé.

Il fauteraindre après tout son courage offensé; [mes.

Vous savez mieux que moi ce que peuvent ses char-

JASOS.

Ce sont à sa fureur d'épouvantables armes ;

Mais son bannissement nous en Va garantir.toi. eux.

Cardez d’avoir sujet de vous en repentir.

,t a son.

Quoi qu’il puisse arriver, ami, c’est chose faite.

PO LUJX.

La termine le ciel comme je le souhaite !

Permettez cependant qu’alin de. m’acquitter,

•l’aille trouver le roi pour l’en féliciter.

JASON.

•le vous y conduirais; mais j’attends ma princesse,Qui va sortir du temple.

pollux.

Adieu : l’amour vous presse ,

Et je serais marri qu’un soin officieuxVous fit perdre pour moi dès temps si précieux !

SCÈNE U.

•1AS01S.

ïlepuis que mon esprit est capable de (lamine,damais un trouble égal n’a confondu mon âme.

Mon cœur , qui se partage en deux affections ,

Se laisse déchirer à mille passions.

•le dois tout à .Médée , et je ne puis sans honteEt d’elle et de ma foi tenir si peu de compte :

■le dois tout à Créon, et d’un si puissant roi•le fais un ennemi, si je garde ma foi :le regrette Médée, et j’adore Créuse;

.le vois mon crime en l’une, en l’autre mon excuse ;Et dessus mou regret mes désirs triomphantsOnt encor le secours du soin de mes enfants.

Mais la princesse vient ; l’éclat d’un tel visageDu plus constant du monde attirerait l’hommage ,Et semble reprocher à ma fidélitéD’avoir osé tenir contre tant de beauté.

SCÈNE 111.

j

Cl\ÉLISE, JASON , CLÉONE.

JASON.

Que votre zèle est long , et que d’impatience

I, SCÈNE ÎV.

Il donne à votre amant, qui meurt en votre absence !

CRÉUSE.

Je n’ai pas fait pourtant au ciel beaucoup de vœux ;

Ayant Jason à moi, j’ai tout ce que je veux.

JASON.

Kt moi, puis-je espérer l’effet d’une prièreQue ma flamme tiendrait à faveur singulière?

Au nom de votre amour, sauvez deux jeunes fruitsQue d’un premier hymen la couche m a produits ;Employez-vous pour eux , faites auprès d’un pèreQu’ils ne soient point compris en l'exil de leur mère;

C’est lui seul qui bannit ees petits malheureux ,

Puisque dans les traités il n’est point parlé d’eux.

CRÉUSE.

J’avais déjà parlé de leur tendre innocence,

Vit vous y servirai de toute ma puissance ,

Pourvu qu’à votre tour vous m’accordiez un pointQue jusques à tantôt je ne vous dirai point.

JASON.

Dites, et, quel qu’il soit, que ma reine en dispose.

CllÉUSE.

Si je puis sur mou père obtenir quelque chose ,

Vous le saurez après ; je ne veux rien pour rien.

('.LEONE.

Vous pourrez au palais suivre cet entretien.

On ouvre chez Médée, ôtez-vous de sa vue ;

Vos présences rendraient sa douleur plus émue ;

Et vous seriez marri que cet esprit jalouxMêlât son amertume à des plaisirs si doux.

SCÈNE IV.

MÉDÉE.

Souverains protecteurs des lois de l’hyménée ,'Dieux garants de la foi que Jason m’a donnée,

\ T ous qu'il prit à témoin d’une immortelle ardeurQuand par un faux serment il vainquit ma pudeur ,Voyez de quel mépris vous traite son parjure ,

Et m’aidez à venger cette commune injure :

S’il me peut aujourd’hui chasser impunément,

Vous êtes sans pouvoir ou sans ressentiment.

Et vous, troupe savante en noires barbaries,Filles de l’Aehéron , pestes, larves, furies,

Fières sœurs, si jamais notre commerce étroitSur vous et vos serpents me donna quelque droit,Sortez de vos cachots avec les mêmes flammes| Et les mêmes tourments dont vous gênez les âmes ;Laissez-les quelque temps reposer dans leurs fers ;Pour mieux agir pour moi faites trêve aux.enfers ;Apportez-moi du fond des antres de MégèreLa mort de ma rivale, et celle de son père ;

1. Voici des vers qui annoncent Corneille. Ce monologueest tout entier imité de celui de Sénèque le tragique ;

Ȇ conjugales, nique geniaiis torilucina cusios .