MÉDÉE, ACTE
Avec Médée et moi les tire du tombeau : I
Eux seuls m’ont l'ait résoudre et la paix s'est conclue. Jpoi.i.ux.
Bien que de tous côtés l'affaire résolueAe laisse aucune place aux conseils d’un ami,
■le ne puis toutefois l'approuver qu’à demi.
Sur quoi que vous fondiez un traitement si rude,
C'est, montrer pour Médée un peu d'ingratitude;
Ce qu’elle a fait pour vous est mal récompensé.
Il fauteraindre après tout son courage offensé; [mes.
Vous savez mieux que moi ce que peuvent ses char-
JASOS.
Ce sont à sa fureur d'épouvantables armes ;
Mais son bannissement nous en Va garantir.toi. eux.
Cardez d’avoir sujet de vous en repentir.
,t a son.
Quoi qu’il puisse arriver, ami, c’est chose faite.
PO LUJX.
La termine le ciel comme je le souhaite !
Permettez cependant qu’alin de. m’acquitter,
•l’aille trouver le roi pour l’en féliciter.
JASON.
•le vous y conduirais; mais j’attends ma princesse,Qui va sortir du temple.
pollux.
Adieu : l’amour vous presse ,
Et je serais marri qu’un soin officieuxVous fit perdre pour moi dès temps si précieux !
SCÈNE U.
•1AS01S.
ïlepuis que mon esprit est capable de (lamine,damais un trouble égal n’a confondu mon âme.
Mon cœur , qui se partage en deux affections ,
Se laisse déchirer à mille passions.
•le dois tout à .Médée , et je ne puis sans honteEt d’elle et de ma foi tenir si peu de compte :
■le dois tout à Créon, et d’un si puissant roi•le fais un ennemi, si je garde ma foi :le regrette Médée, et j’adore Créuse;
.le vois mon crime en l’une, en l’autre mon excuse ;Et dessus mou regret mes désirs triomphantsOnt encor le secours du soin de mes enfants.
Mais la princesse vient ; l’éclat d’un tel visageDu plus constant du monde attirerait l’hommage ,Et semble reprocher à ma fidélitéD’avoir osé tenir contre tant de beauté.
SCÈNE 111.
j
Cl\ÉLISE, JASON , CLÉONE.
JASON.
Que votre zèle est long , et que d’impatience
I, SCÈNE ÎV.
Il donne à votre amant, qui meurt en votre absence !
CRÉUSE.
Je n’ai pas fait pourtant au ciel beaucoup de vœux ;
Ayant Jason à moi, j’ai tout ce que je veux.
JASON.
Kt moi, puis-je espérer l’effet d’une prièreQue ma flamme tiendrait à faveur singulière?
Au nom de votre amour, sauvez deux jeunes fruitsQue d’un premier hymen la couche m a produits ;Employez-vous pour eux , faites auprès d’un pèreQu’ils ne soient point compris en l'exil de leur mère;
C’est lui seul qui bannit ees petits malheureux ,
Puisque dans les traités il n’est point parlé d’eux.
CRÉUSE.
J’avais déjà parlé de leur tendre innocence,
Vit vous y servirai de toute ma puissance ,
Pourvu qu’à votre tour vous m’accordiez un pointQue jusques à tantôt je ne vous dirai point.
JASON.
Dites, et, quel qu’il soit, que ma reine en dispose.
CllÉUSE.
Si je puis sur mou père obtenir quelque chose ,
Vous le saurez après ; je ne veux rien pour rien.
('.LEONE.
Vous pourrez au palais suivre cet entretien.
On ouvre chez Médée, ôtez-vous de sa vue ;
Vos présences rendraient sa douleur plus émue ;
Et vous seriez marri que cet esprit jalouxMêlât son amertume à des plaisirs si doux.
SCÈNE IV.
MÉDÉE.
Souverains protecteurs des lois de l’hyménée ,'Dieux garants de la foi que Jason m’a donnée,
\ T ous qu'il prit à témoin d’une immortelle ardeurQuand par un faux serment il vainquit ma pudeur ,Voyez de quel mépris vous traite son parjure ,
Et m’aidez à venger cette commune injure :
S’il me peut aujourd’hui chasser impunément,
Vous êtes sans pouvoir ou sans ressentiment.
Et vous, troupe savante en noires barbaries,Filles de l’Aehéron , pestes, larves, furies,
Fières sœurs, si jamais notre commerce étroitSur vous et vos serpents me donna quelque droit,Sortez de vos cachots avec les mêmes flammes| Et les mêmes tourments dont vous gênez les âmes ;Laissez-les quelque temps reposer dans leurs fers ;Pour mieux agir pour moi faites trêve aux.enfers ;Apportez-moi du fond des antres de MégèreLa mort de ma rivale, et celle de son père ;
1. Voici des vers qui annoncent Corneille. Ce monologueest tout entier imité de celui de Sénèque le tragique ;
Ȇ conjugales, nique geniaiis torilucina cusios .