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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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HORACE, ACTE

l'ar quelle raison, clans son juste trépas,

Orend-i 1 un intérêt qu'un père ne prend pas?Cncraiutqu’aprèssa sœur il n’en maltraite d’autres!Stre, nous n’avons part qu’à la honte des nôtres,

kt, de quelque façon qu’un autre puisse agir,

Qui

ne nous touche point ne nous fait point rougir.( à Valère. )

Peux pleurer, Valère, et même aux yeux d'Horace;R ne prend intérêt qu’aux crimes de sa raee :

Qtù n’est point de son sang ne peut faire d’affront’' Ux lauriers immortels qui lui ceignent le front.Lauriers, sacrés rameaux qu'on veut réduire en pou-«us qui mettez sa tête à couvert de la foudre, [dre,' ultandonnerez-vous à l’infame couteau [reru ?Qui fait choir les méchants sous la main d'un bour-outains, souffrirez-vous qu’on vous immole un

[homme

^ans qui R 01ïle aujourd’hui cesserait d’être Rome,( lu’u n Romain s’efforce à tacher le renomun guerrier à qui tous doivent un si beau nom?. Is ’ Valère, dis-nous, si tu veux qu’il périsse,

11 tu penses choisir un lieu pour son supplice :j, la ' ce entre ces murs que mille et mille voixj.*' 1 '! ''ésonner encor du bruit de ses exploits?

a -ce hors des murs, au milieu de ces places£ onvoitfumerencordusangdesCuriaces, [neurleurs trois tombeaux, et dans cechamp d’hon-•|, ni °>ns de sa vaillance et de notre bonheur?

I ( ,Uï saurais cacher sa peine à sa victoire?

an sles murs, hors des murs, tout parle desa gloire,Qui* S '°l l '' ose « l’ e ffort de ton injuste amour,

Mb VeUt ^ Un s * l'°" sa "" sou '" er si beau jour,l't ï ne l )0lu ’*' a pas souffrir un tel spectacle,

°uie par ses pleurs y mettra trop d’obstacle,y ° Us les préviendrez, sire : et par un juste arrêtç Saurez embrasser bien mieux son intérêt.

U i? U ** a fait P 0UI ' elle il peut encor le faire;

S; r eUt garantir encor d’un sort contraire.r 0 > ne donnez rien à mes débiles ans :

T r ^ e aujourd’hui m’a vu père de quatre enfants;R , en c e même jour sont morts pour sa querelle :A 1

ni’en

«tez

teste encore un, conservez-le pour elle

Pt " I' as à ses murs un si puissant appui;Hor feZ ’ L 0llr I' ull 'i que je m’adresse à lui.

«oit l e '

Sa.

Mai

S 0 it°. rae ^ ne crois pas que ie peuple stupideSa v ma ' ,rR absolu d'un renom bien solide.

ais°' X tuinu ' lueuse assez souvent fait bruit,

Ut Ce Un nioment l’élève, un moment le détruit;Loir *1 cnnttil'ue à notre renomméeL’est UïS 611 mo ' ns ‘I e r l en se dissipe en fumée.

,\ v . aux fois, c’est aux grands, c'est aux esprits bienL’est p ' ertU l )leine en ses moindres effets; [faitsp Ux 1 ev,x seuls qu’on reçoit la véritable gloire;Vie, eu s des vrais héros assurent la mémoire.Sto «jours

1 on

nom

en llorace, et toujours auprès d’euxdemeurera grand, illustre, fameux,

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Bien que l'occasion, moins hauteou moins brillante,D'un vulgaire ignorant trompe l’injuste attente.Ne hais donc plus la vie, ou du moins vis pour moi,Et pour servir encor ton pays et ton roi.

Sire, j’en ai trop dit : mais l’affaire vous touche;Et Rome tout entière a parlé par ma bouche.

VALÈRE.

Sire, permettez-moi...

TULLE.

Valère, c’est assez.

Vos discours par les leurs ne sont pas effacés;

J'en garde en mon esprit les forces plus pressantes,Et toutes vos raisons me sont encor présentes.Cette énorme action faite presque à nos yeuxOutrage la nature, et blesse jusqu'aux dieux.

Un premier mouvement qui produit un tel crimeNe saurait lui servir d’excuse légitime :

Les moins sévères lois en ce point sont d’accord;Et si nous les suivons, il est digne de mort.

Si d’ailleurs nous voulons regarder le coupable,

Ce crime, quoique grand, énorme, inexcusable,Vient de la même épée et part du même brasQui me fait aujourd’hui maître de deux états.Deux sceptres en ma main, Albe à Rome asservie,Parlent bien hautement en faveur de sa vie :

Sans lui, j’obéirais où je donne la loi,

Et je serais sujet où je suis deux fois roi.

Assez de bons sujets dans toutes les provincesPar des vœux impuissants s’acquittent vers leurs

[ princes;

Tous les peuvent aimer, mais tous ne peuvent pasPar d’illustres effets assurer leurs états;

Et l’art et le pouvoir d’affermir des couronnesSont des dons que le ciel fait à peu de personnes.De pareils serviteurs sont les forces des rois,

Et de pareils aussi sont au-dessus des lois.Qu’elles se taisent donc, que Rome dissimuleCe que dès sa naissance elle vit en Ilomule;

Elle peut bien souffrir en son libérateurCe qu’elle a bien souffert en son premier auteur.Vis donc, llorace, vis, guerrier trop magnanime :Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime ;

Sa chaleur généreuse a produit ton forfait ;

D’une cause si belle il faut souffrir l’effet.

Vis pour servir l'état, vis, mais aime Valère :Qu’il ne reste entre vous ni haine ni colère ;

Et soit qu’il ait suivi l’amour ou le devoir,

Sans aucun sentiment 1 résous-toi de le voir.Sabine, écoutez moins la douleur qui vous presse ;Chassez de ce grand cœur ces marques de faiblesse :C’est en séchant vos pleurs que vous vous montrerezLa véritable sœur de ceux que vous pleurez.

Mais nous devons aux dieux demain un sacrifice ;Et nous aurions le ciel à nos vœux mal propice,

1. Il faudrait ressentiment.