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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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POLYEUCTE, ACTE V, SCÈNE IV.

Un cœur à l’autre uni jamais 11e se retire;

Et pour l’en séparer il faut qu’on le déchire.

^lais vous êtes sensible à mes justes douleurs,

Et d'un œil paternel vous regardez mes pleurs.

FÉLIX.

° u >, ma fille, il est vrai qu’un père est toujours père ;Eien n’en peut effacer le sacré caractère ;

Je porte un cœur sensible, et vous l’avez percé.

' e nie joins avec vous contre cet insensé,Malheureux Polyeucte, es-tu seul insensible ?

A 'eux-tu rendre seul ton crime irrémissible?e nx-tu voir tant de pleurs d’un œil si détaché ?

_ e ux-tu voir tant d’amour sans en être touché ?

e reconnais-tu plus ni beau-père, ni femme,

^ a ns amitié pour l’un, et pour l’autre sans flamme ?°nr reprendre les noms et de gendre et d’époux,eux -tu nous voir tous deux embrasser tes genoux ?

POLYEUCTE.

v u e tout cet artifice est de mauvaise grâce!

Près avoir deux fois essayé la menace,

Après

Après av ,

m’avoir fait voir Néarque dans la mort,

A Prè

avoir tenté l’amour et son effort,

p les m’avoir montré cette soif du baptême,y" ür apposer à Dieu l’intérêt de Dieu même,p°us vous joignez ensemble ! Ah, rusés de l’enter !y lu t'il tant de fois vaincre avant que triompher !p° s résolutions usent trop de remise;rei 'ez l a v fit re enfin, puisque la mienne est prise.So ^ 6 n ' a< * ore qu’un Dieu, maître de l’univers,qui tremblent le ciel, la terre, et les enfers;U'eu qui, nous aimant d’une amour infinie,

p t U ut mourir pour nous avec ignominie,y 9 ui, par un effort de cet excès d’amour,Mais , ’ >0Ur 110lisen v ' cl 'uie être offert chaque jour,y ' 81 * ort d’en parler à qui 11e peut m’entendre,j) ‘' M’aveugle erreur que vous osez défendre :y ( . ^aj’es les pins noirs vous soiti liez tous vos dieux :Ea 11611 Punissez point qui n’ait son maître auxInstitution, l’adultère, l’inceste, [deux;

e

vol.

est

assassinat et tout ce qu'on déteste,

.p ,^ 1 exe mple qu’à suivre offrent vos immortels> Ptofané leur temple, et brisé leurs autels ;»:. e fenf

Alêii) " ' ais encor, si j’avais à le faire,àlê lti eaux yeux de Félix, même aux yeux île Sévère,e uux yeux du sénat, aux yeux de l’empereur.

Enfin m , '" KUX ’

Ador 1 lonté cède à ma juste fureur :e ~ es i ou meurs !

POLYEUCTE.

Je suis chrétien.

FÉLIX.

Ad:

Je

° r e-les,

te dis-je; ou renonce à la vie.

Impie !

Sl,is ‘‘iu'étien.

FÉLIX.

Tu l’es ? O cœur trop obstiné !Soldats, exécutez l’ordre que j’ai donné.

PAULINE.

Où le conduisez-vous ?

FÉLIX.

A la mort.

POLYEUCTE.

A la gloire.

Chère Pauline, adieu ; conservez ma mémoire.

PAULINE.

Je te suivrai partout, et mourrai si lu meurs.Polyeucte.

Ne suivez point mes pas, ou quittez vos erreurs.

FÉLIX.

Qu’on l’ôte de mes yeux, et que l’on m’obéisse.Puisqu’il aime à périr, je consens qu’il périsse.

SGÈNIÏ IY.FIvLlX, albin.

FÉLIX.

Je me fais violence, Albin, mais je l’ai dil ;

Ma bonté naturelle aisément ni’eilt perdu.

Que la rage du peuple à présent se déploie,

Que Sévère en fureur tonne, éclate, foudroie,M’étant fait cet effort, j’ai fait 111a sûreté.

Mais 11’es-tu point surpris de cette dureté ?

Vois-tu comme le sien des cœurs impénétrables,Ou des impiétés à ce point exécrables ?

Du moins j’ai satisfait mon esprit affligé :

Pour amollir son cœur je n’ai rien négligé ;

J’ai feint même à tes yeux des lâchetés extrêmes :Et certes, sans l’horreur deses derniers blasphèmes,Qui m’ont rempli soudain de colère et d’effroi,J’aurais eu de la peine >à triompher de moi,

ALBIN.

Vous maudirez peut-être un jour cette victoire,Qui tient je ne sais quoi d’une action trop noire,Indigne, de Félix, indigne d’un Romain,Répandant votre sang par votre propre main.

FÉLIX.

Ainsi l’ont autrefois versé Brute et Manlie;

Mais leur gloire en a crû, loin d’en être affaiblie ;Et quand nos vieux héros avaient de mauvais sang,Ils eussent, pour le perdre, ouvert leur propre flanc.

ALlîIN.

Votre ardeur vous séduit; mais quoi qu’elle vous die,Quand vous la sentirez une fois refroidie,

Quand vous verrez Pauline, et que son désespoirPar ses pleurs et ses cris saura vous émouvoir...

FÉLIX.

Tu me fais souvenir qu’elle a suivi ce traître,

Et que ce désespoir qu’elle fera paraître

POLYEUCTE.