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LA SUITE OU MËN TE U II, ACTE lit, SCÈNE îf.
CLITON.
On appelle cela des vers à ma louange.
CLÉANDRE.
Presque insensiblement nous avons pris le change.Mais revenons, monsieur, à ce que je vous dois.
DOBASTB.
Nous en pourrons parler encor quelque autre fois :IJ suffit pour ce coup.
cléandre.
Je ne saurais vous taireEn quel heureux état se trouve votre affaire.
Vous sortirez bientôt, et peut-être demain ;Mais un si prompt secours ne vient pas de ma main ;Les amis de Philiste en ont trouvé la voie :
J’en dois rougir de honte au milieu de ma joie ;
Et je ne saurais voir sans être un peu jalouxQu’il m’ôte les moyens de m’employer pour vous.Je cède avec regret à cet ami fidèle ;
S’il a plus de pouvoir, il n’a pas plus de zèle ;
Et vous m’obligerez, au sortir de prison,lie me faire l’honneur de prendre ma maison.
Je n’attends point le temps de votre délivrance,De peur qu’encore un coup Philiste me devance ;Comme il m’ôte aujourd’hui l’espoir de vous servir,Vous loger est un bien que je lui veux ravir.DORANTE.
C’estun excès d’honneur que vous me voulez rendre ;Et je croirais faillir de m’en vouloir défendre.
CLEANDRE.
Je vous en reprîrai quand vous pourrez sortir ;
Et lors nous tâcherons à vous bien divertir,
Et vous faire oublier l’ennui que je vous cause.
Auriez-vous cependant besoin de quelque chose?Vous êtes voyageur, et pris par des sergents ;
Et quoique ces messieurs soient fort honnêtes gens,Il en est quelques-uns...
CLITON.
I.es siens en sont du nombre ;Ils ont en le prenant pillé jusqu’à son ombre ;
Et n’était que le ciel a su le soulager,
Vous le verriez encor fort net et fort léger ;
Mais comme je pleurais ces tristes aventures,Nous avons reçu lettre, argent et confitures.
CLÉANDRE.
Et de qui ?
DORANTE.
Pour le dire, il faudrait deviner.Jugez ce qu’en ma place on peut s’imaginer.
Une dame m’écrit, me flatte, me régale,
Me promet un amour qui n’eut jamais d’égale,Me fait force présents...
CLÉANDRE.
Et vous visite ?
CLÉANDRE.
Vous savez son logis ?
DORANTE.
Non; pas même son nom-Ne soupçonnez-vous point ce que ce pourrait être:CLÉANDRE.
A moins (pie de la voir je ne la puis connaître.
DORANTE.
Pour un si bon ami je n’ai point de secret.
Voyez, connaissez-vous les traits de ce portrait-CLÉANDRE.
Elle semble éveillée, et passablement belle ;
Mais je ne vous en puis dire aucune nouvelle,
Et je 11e connais rien à ces traits que je voi.
Je vais vous préparer une chambre chez moi.Adieu.
SCÈNE II.
DORANTE, CLITON.
DORANTE.
Ce brusque adieu marque un trouble dans l’i'u ,ieSans doute il la connaît.
CLITON.
C’est peut-être sa fem" ,f '
DORANTE.
Sa femme ?
CLITON.
Oui, c’est sans doute elle qui vous eci’ 11 ’Et vous venez de faire un coup de grand espfô'Voilà de vos secrets et de vos confidences.
DORANTE.
Nomme-les par leur nom, dis de mes imprudent'Mais serait-ce en effet celle que tu me dis?
CLITON.
Envoyez vos portraits à de tels étourdis,
Ils gardent un secret avec extrême adresse. [ti’ esS ^C’est sa femme, vous dis-je, ou du moins sa n 1 * 11Ne l’avez-vous pas vu tout changé de couleur?
DORANTE.
Je l’ai vu comme atteint d’une vive douleur,Faire de vains efforts pour cacher sa surprise-Son désordre, Cliton, montre ce qu’il déguise-11 a pris un prétexte à sortir promptement,
Sans se donner loisir d’un mot de compliment-CLITON.
Qu'il fera dangereux rencontrer sa colère !
11 va tout renverser si l’on le laisse faire,
Et je vous tiens pour mort si sa fureur se ei' 01 ^.Mais surtout ses valets peuvent ' ■ erdm 1
Malheureux le premier qui fâchera son maître ■Pour autres cent louis je 11e voudrais pas 1 etre ’dorante. a ;
Ea chose est sans remède, en soit ce qui P 011-S’il fait tant le mauvais, peut-être 011 le ven a -
DORANTE.
Non.