RO DOG UNE.
A
M°" LE PRINCE.
fl Oc]
'lue]
Monseigneur,
°"nne se présente à Votre Altesse avec
'eique sorte de contiance, et ne peut croirej a près avoir fait sa bonne fortune vous déliai-^ 1(iz de la prendre en votre protection. Elle a tropv e °onaissance de votre bonté pour craindre quei ."s \’eui,i; ex laisser votre ouvrage imparfait., et’ dénier la continuation des grâces dont vous luiété si prodigue. C’est à votre illustre suffrageI^ e de est obligée de tout ce qu’elle a reçu d’ap-audissement; et les favorables regards dont ilâ 0 US ! llut fortifier la faiblesse de sa naissance lui®nèrent tant d’éclat et de vigueur, qu’il semblait^ v °ns eussiez pris plaisir à répandre sur ellelui f 3 ' 011 de cette gloire qui vous environne, et àSuit lre t )art cette * ac 'fité de vaincre qui vousi^Pattout. Après cela, Monseigneur, quels hom-bes peut-elle rendre à Votre Altesse qui neau-dessous de ce qu’elle lui doit? Si elle]’ a I e 3 lui témoigner quelque reconnaissance paréloi> lllrat ' on ses vertus > où trouvera-t-elle des^ dignes de cette main qui fait trembler tousSi» eane| nis, et dont les coups d’essai furent|,^aalés par la défaite des premiers capitaines de„ u ; ui °pe? Votre Altesse sut vaincre avant qu’ils se{ç r Sent imaginer qu’elle sût combattre; et ce( lUe i C 0 Ura g e , q u > n’avait encore vu la guerredes < a, ' S * es 'i y res, effaça tout ce qu’il y avait lutète / )! exan di , e et des César, sitôt qu’il parut à lal'ert Ull<! armée. La générale consternation où laîtés 6 n °tre grand monarque nous avait plon-|i 0 j’ e,1 dait l’orgueil de nos adversaires en un tel
Hocr < * U '' S osaient se persuader que du siège de' e Ur ° l ^Pendait la prise de Paris ; et l’avidité deilan^J'dntion dévorait déjà le cœur d’un royaumel )e nd S l' ens ai ent avoir surpris les frontières. Ce-v e fs - ai,t les premiers miracles de votre valeur ren-’lUe . 6rit s * pleinement toutes leurs espérances,'() f|(l| l ' e , Ux -là mêmes qui s’étaient promis tant dede e et f tes sur nous virent terminer la campagne% p 6 ln ême année par celles que vous fîtes surin ei ' ^' e f"* " .. —-
fut par là, Monseigneur, que vous com-Jaur s ‘ aas ces grandes victoires que vous avez tou-tègu Sl l'ien choisies, qu’elles ont honoré deux|.;7? t( ' 0 t a la fois, comme si c’eût été trop peuXo üs °Ge Altesse d'étendre les bornes de l’état< I l, e](ii > s * e H e n’eût en même temps effacéIon,,* es 'Uns des malheurs qui s’étaient mêlés auxI'ihÎL^ Prospérités de l’autre. Thionville, Philis-Po Ur | et Norlinghen, étaient des lieux funestes!>s s L Fra,u:e: elle n’en pouvait entendre less ée s a " s gémir ; elle ne pouvait y porter sa pen-s soupirer; et ces mêmes lieux, dont le
217
souvenir lui arrachait des soupirs et des gémisse-ments, sont devenus les éclatantes marques de sanouvelle félicité, les dignes occasions de ses feuxde joie, et les glorieux sujets des actions de grâcequ’elle a rendues au ciel pour les triomphes quevotre courage invincible en a obtenus. Dispensez-moi, Monseigneur, de vous parler de Dunkerque :j’épuise toutes les forces de mon imagination, etje ne conçois rien qui réponde à la dignité de cegrand ouvrage, qui nous vient d’assurer l'Océanpar la prise de cette fameuse retraite de corsaires.Tous nos havres en étaient comme assiégés ; il n’enpouvait échapper un vaisseau qu’à la merci deleurs brigandages ; et nous en avons vu souvent depillés à la vue des mêmes ports dont ils venaientde faire voile : et maintenant, par la conquêted’une seule ville, je vois, d’un côté, nos merslibres, nos côtes affranchies, notre commerce ré-tabli, la racine de nos maux publics coupée; d’autrecôté , la Flandre ouverte, l’embouchure de sesrivières captive, la porte de son secours fermée, lasource de son abondance en notre pouvoir; et ceque je vois n’est rien encore au prix de ce que jeprévois sitôt que Votre Altesse y reportera la ter-reur de ses armes. Dispensez-moi donc, Monsei-gneur, de profaner des effets si merveilleux et desattentes si hautes, par la bassesse de mes idées etpar l’impuissance de mes expressions; et trouvezbon que, demeurant dans un respectueux silence,je n’ajoute rien ici qu’une protestation très-invio-lable d’être toute ma vie, Monseigneur, de VotreAltesse, le très-humble, très-obéissant, et très-passionné serviteur,
C011NEILLE.
APPÏAN ALEXANDRIN,
AD I.IVRlî
DES GUERRES DE SYRIE, SUR LA FIA’.
« Démétrius, surnommé Nicanor, roi de Syrie,- entreprit la guerre contre les Parthes, et, étant« devenu leur prisonnier, vécut dans la cour de« leur roi Phraales, dont il épousa la sœur, nom-« niée Rodogune. Cependant Diodotus, domes-« tique des rois précédents, s’empara du trône de“ Syrie, et y fit asseoir un Alexandre encore enfant,« fils d’Alexandre le bâtard et d’une fille de Pto-« lémée. Ayant gouverné quelque temps comme« son tuteur, il se défit de ce malheureux pupille,« et eut l’insolence de prendre lui-même la cou-« ronne sous un nouveau nom de Tryphon qu’il se« donna. Mais Antiochus, frère du roi prisonnier,« ayant apprisà Rhodes sa captivité, et les troubles«qui l’avaient suivie, revint dans le pays, où,« ayant défait Tryphon avec beaucoup de peine, il