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DON SAN CH Ë l) ’ A K A G O N, ACTE J V, SCÈNE i.
BLANCHE.
Quelque secret obstacle arrête son désir,lout le bien qu’il en dit ne passe point l’estinie;Charmantes qu'elles sont, les aimer c’est un crime.Il ne s’excuse point sur l’inégalité;
È semble plutôt craindre une infidélité ;
ht ses discours obscurs, sous un confus mélange,
-"’ont fait voir malgré lui comme une horreur du
[change,
Comme une aversion qui n’a pour fondementQue les secrets liens d’un autre attachement.
I). ISABELLE.
N aimerait ailleurs !
BLANCHE.
Oui, si je ne m’abuse,
aime en lieu plus haut que n’est ce qu’il refuse;Cl si je ne craignais votre juste courroux,
' userais deviner, madame, que c’est vous.
U., ISABELLE.
! ce n’est pas pour moi qu’il est si téméraire ;C'ntôt dans ses respects j’ai trop vu le contraire ;
1 éclat de mon sceptre avait pu le charmer,.^Ue m'aurait jamais défendu de l’aimer,aime en lieu si haut, il aime doue El vire;doit l’accompagner jusque dans son empire;
Cl fait à mes amants ces délis généreux,
-'°n pas pour m’acquérir, mais pour se vengerd’eux.
■le l’ai donc agrandi pour le voir disparaître,
' <J 1 qu'une reine, ingrate à l’égal de ce traître,enlève, après vingt, ans de refuge en ces lieux,( ' e ( |u'avait mon état, de plus doux à mes yeux !f '°", j’ai pris trop de soin de conserver sa vie.vU’il combatte, qu’il meure, et j’en serai ravie.j, e S; Oirai par sa mort, à quels vœux m’engager,
'I j aimerai des trois qui m’en saura venger.
BLANCHE.
vous peut offenser sa 11 anime ou sa retraite,Uls que vous n’aspirez qu’à vous en voir défaite ?^ n e sais pas s’il aime ou doue Elvire ou vous,,lls jene comprends point ce mouvement jaloux.
,J, 1). ISABELLE.
1 11 "e le comprends point ! et.c’est ce qui m’étonne :eux donner son coeur, non quesoncœurle donne;'aux que son respect l’empêche de m'aimer,
0,1 des (lamines qu’une autre a su mieux allumer :p 6 ' e u\ bien plus ; qu'il m'aime, et qu’un juste si-() asse à des feux pareils pareille violence; [lence(à *, e .inégalité lui donne même ennui;
d souffre autant pour moi que je souffre pour lui;
l )ar le setd dessein d’affermir sa fortune,
«on p 0 i n t p a r amour, il se donne à quelqu’une ;Q Ue l lar mon ordre seul il s’y laisse obliger;pj le ° e soit m’obéir, et non me négliger ;
11 (1 ??’ v °y ant ma Hammeà l’bonorer trop prompte,P 111 ôte de péril sans me faire de honte.
M tuilin il l’a vue, et la connaît trop bien ;
Mais il aspire au trône, et ce n’est pas au mien ;
Il me préfère une autre, et cette préférenceForme de son respect la trompeuse apparence :Eaux respect qui me brave, et veut, régner sans moi.
BLANCHE.
Pour aimer doue Elvire, il n’est pas encor roi.
3). ISABELLE.
Elle est reine, et peut tout sur l’esprit de sa mère.
BLANCHE.
Si ce n’est un faux bruit, le ciel lui rend un frère.Don S anche n’est point mort, et vient ici, dit-on,Avec les députés qu’on attend d’Aragon;
C’est ce qu’en arrivant leurs gens ont fait entendre.11. ISABELLE.
Blanche, s’il est ainsi, que d’heur j’en dois attendre!L’injustice du ciel, faute d’autres objets,
Aie forçait d’abaisser mes yeux sur mes sujets,
Ne voyant point de prince égal à ma naissanceQui ne fût sous l'hymen, ou Maure, ou dansl’en tance.Alais, s’il lui rend un frère, il m’envoie un époux.
Comtes , je n’ai plus d’yeux pour Carlos ni pourEt, devenant par là reine de ma rivale, [vous;J’aurai droit d’empêcher qu’elle ne se ravale ;
Et ne souffrirai pas'qu’elle ait plus de bonheurQue ne m’en ont permis ces tristes lois d’honneur.
BLAXC11E.
Ea belle occasion que votre jalousie,
Douteuse encor qu’elle est, a promptement saisie !1). ISABELLE.
Allons l’examiner, Blanche; et tâchons de voirQuelle juste espérance on peut en concevoir.
ACTE QUATRIÈME.
SCÈNE PRE Ml EUE.
1). LÉO.NOU, ]). A1ANU1QUE, 1). LOPE.
H. JIAN1UQUE.
Quoique l’espoir d’un trône et l'amour d’une reineSoient des Liens que jamais on ne céda sans peine,Quoiqu’à j’un de nous deux elle ait promis sa foi,Nous cessons de prétendre oii nous voyons un roi.Dans notre ambition nous savons nous connaître;Et bénissant le ciel qui nous donne un tel maître,Ce prince qu’il vous rend après tant de travauxTrouve en nous des sujets, et non pas des rivaux :Heureux si l’Aragon, joint avec la Castille,
Du sang de deux grands rois ne fait qu’une famille !
Nous vous en conjurons, loin d’en être jaloux,Comme étant l’un et l’autre à l’état plus qu’à nous,Et, tout impatients d’en voir la force unie