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Tome premier.
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48 PETITION

le même fait , l'un est condamnéVautre absous.Il entendait parler, je crois, de ce qui se passe àParis; mais à Luynes, messieurs, c’est toute lamême chose. Etes-vous bien avec tels ou tels?bon sujet, on vous laisse vivre. Avez-vous soutenuquelque procès contre un tel, manqué à le sa-luer, querellé sa servante, ou jeté une pierre àson chien? vous êtes mauvais sujet, partant sédi-tieux; on vous applique la loi, et quelquefois onvous l’applique un peu rudement, comme on fitdernièrement à dix de nos plus paisibles habitans,gens craignant Dieu et monsieur le maire, pèresde famille la plupart, vignerons, laboureurs, ar-tisans, de qui nul n’avait à se plaindre, bous voi-sins, amis officieux, serviables à tous, sans re-proche dans leur état, dans leurs moeurs, leurconduite ; mais mauvais sujets. C’est une histoiresingulière, qui a fait et fera long-temps grandbruit au pays; car nous autres, gens de village,nous ne sommes pas accoutumés à ces coups d’é-tat. L’affaire de Mauclair, et de l’autre mis en pri-son pour n’avoir pas ôté son chapeau, en passant,au curé, au mort, n’importe; tout cela n’est rienau prix.

Ce fut le jour de la mi-carême, le mars, àune heure du matin ; tout dormait ; quarantegendarmes entrent dans la ville; là, de l’aubergeoù ils étaient descendus d’abord, ayant fait leursdispositions, pris toutes leurs mesures et les in-